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L'histoire de Sanary

A partir du XIème siècle, les anciens titres des moines de Saint-Victor, de Marseille, signalent le «Cellam Sancti Nazarii».

Autour de celui-ci viennent se grouper quelques pêcheurs et agriculteurs d’Ollioules de qui dépend le terroir, sous la suzeraineté des Vicomtes de Marseille et de Simiane.

Certes, ce ne sont pas les premiers habitants de notre rivage. Déjà, le village celtoligure du Garou est daté de 600 avant J.C., des villes gallo-romaines sont identifiées à Portissol, à la Gorguette. Un peu partout, des débris de doila, de tegulas, jonchent le sol. En 1882, à Portissol, vingt tombes sont découvertes ; récemment, on y a mis à jour un four de potier. Des monnaies de Claude, d’Adrien, de Vespasien ont été trouvées.

Une stèle a été découverte au bord de la Reppe. Il y a longtemps que l’homme a laissé des traces de son habitat sur notre terroir. Peut-on penser que les habitants de la Courtine, si proches du bord de mer, ne soient pas venus voir un peu ce qui s’y passait ?

1300 APJC: La tour romane

Mais c’est surtout à partir du XIVème siècle que commence le début de ce qui va devenir un hameau d’abord, un bourg ensuite. Dans une supplique au Roi, les syndics des habitants de Saint-Nazaire-les-Ollioules font connaître ce qui suit : « Le lieu d’Oliolis a un grand et spacieux terroir qui aboutit en divers endroits au rivage de la mer où il s’y trouve deux ports, dedans l’un desquels les Seigneurs du lieu ayant un grand ténement de leur ancien fief et domaine au quartier Saint-Nazaire, ils ont fait bastir au rivage du port une tour très forte et considérable... », (la date de construction de la tour romane est de 1300). Ces deux ports sont Lagoubran, la termine d’en haut, et Saint-Nazaire, la termine d’en bas. C’est ainsi qu’ils appellent ces terroirs.

En 1436, le risque d’une incursion de barbaresques incita le roi René à ordonner à Oliolis, contre certains privilèges, de renforcer les défenses de Saint-Nazaire en ces termes : « Etant donné que le bourg de Saint-Nazaire est de la dépendance d’Oliolis, le roi René porte à Oliolis de faire le boulevard et fossé à la tour Saint-Nazaire... ». Cet acte est daté du 1er juillet 1436. La tour avait déjà été réarmé en 1323, après la visite de Robert de Millet, sénéchal de Provence.

L’on voit -par le changement qui intervient dans la désignation de l’agglomération que l’on appelle successivement habitations, hameau, puis bourg - une évolution dans le nombre des maisons, donc de la population. Plus tard, nous verrons cette évolution s’amplifier, notamment en 1507. Cette année-là, le seigneur Bertrand de Ventimille et son cousin germain, Guiran de Simiane, tous deux co-seigneurs, accordent des terres à seize nouvelles familles venant accroître le nombre d’habitants. Certains de ces nouveaux arrivants seront autorisés à bâtir sur le boulevard de la tour, à l’intérieur des fossés. Un an auparavant, ils ont aussi concédé à Chautard d’Ollioules des terres situées à Mortier et en-dessous du chemin qui conduit à la Gorguette.

Le port

Le port, qui voit la construction d’un premier quai venu s’ajouter au débarcadère proche de la tour, prend de l’importance. Il devient plus fréquenté, mais sa faible profondeur, son envasement par la rivière, la Reppe, lui nuiront toujours.

Une grande partie de la population vit de la mer : pécheurs, navigateurs pour les échelles du Levant et, avec le temps, plus loin encore, vers les Amériques et Terre-Neuve.

Hélas, Saint-Nazaire a du mal à se développer tant qu’il est lié à Ollioules. Aussi, à mesure que le commerce se développe, naît une bourgeoisie de marchands, des notables plus entreprenants se manifestent.

La population, a la certitude de pouvoir s’administrer elle-même.
Ollioules sera obligé d’admettre des syndics à Saint-Nazaire, qui viendront siéger au Conseil de la Communauté. Ces Syndics, les Bernard, Infernet, de Saint-Maurice, déploieront les plus grands efforts dans des requêtes, des procès, des interventions tant auprès du Parlement de Provence, à Aix, qu’à la cour de France. Ils veulent obtenir leur autonomie, d’autant plus qu’en diverses autres communes, des faits semblables vont se produire et ainsi les conforter dans leur espoir.

C’est la Seyne qui, en 1657, obtient de se séparer de Six-Fours, la Ciotat, en 1675, se sépare de Ceyreste. Tous les bourgs de l’intérieur des terres voient leurs dépendances du bord de mer, devenu plus sûr, se séparer de la commune mère. Il ne peut en être différemment d’Ollioules et de Saint-Nazaire.

Plusieurs procès en séparation vont être intentés contre Ollioules. En 1649, 1673, et 1678.

Toujours en pure perte et bien souvent avec des menaces de répression. Cependant, de nombreux avantages sont obtenus d’Ollioules qui comprend qu’il lui faut faire quelques concessions.

C’est ainsi qu’on obtient une fontaine, un banc de boucherie, un troupeau communal et bien d’autres améliorations, tel qu’un Lieutenant du juge d’Ollioules. Mais rien n’y fait et l’on comprend l’amertume d’Ollioules qui, malgré ses efforts de compréhension, sent Saint-Nazaire lui échapper. Elle pressent que sa vie économique en sera perturbée, surtout par la perte du port. C’est par lui que se font les exportations de sa production, par lui que les denrées importantes lui parviennent. Cela lui est déjà arrivé dans le temps, en 1225, dans un différend avec Toulon pour Lagoubran. Plus tard aussi, en 1296, Evenos s’est séparé d’Ollioules.

1688 : Victoire

Pour les Saint-Nazairiens, avec la croissance de leur cité, le désir de pouvoir s’administrer eux-mêmes s’accroît.

Les notables, appuyés par des capitaines marchands qui fréquentent leur port, font pression et essaient d’avoir des appuis, haut-placés, tels ceux du Duc de Beaufort, de l’Intendant Arnould, du Marquis de Centurioni, de Nicet.

Ce sera même Pierre Puget qui dessinera le futur port en 1672. Tout cela fournira matière à étoffer un important dossier qui ébranlera le roi Louis XIV lui-même. Un seul obstacle d’importance, le ministre Colbert.

Il entreprend de grands travaux à Toulon pour le port et pour l’arsenal et ne souhaite pas de port concurrentiel, si petit soit-il. Après sa mort, survenue en 1683, une dernière tentative convaincra le roi Louis XIV de la justesse des ambitions de Saint-Nazaire.

En 1688, un édit signé en son Conseil, le roi étant présent, consacrera la séparation d’Ollioules et de Saint-Nazaire.

C’est le 10 juillet. Après son passage devant le Parlement de Provence siégeant à Aix, l’édit parviendra à Saint-Nazaire le 20 juillet.

Cette nouvelle sera accueillie avec toute la joie que l’on devine. Cette victoire consacre les efforts de tous. Il y a trois cent ans de cela...

Désormais, la communauté prend en charge son administration. L’édit de séparation lui a attribué le tiers du territoire d’Ollioules et deux moulins à blé ; de plus, les revenus de rentes diverses. La première préoccupation de la nouvelle communauté sera l’élection d’un consul (maire) et de son conseil.

Le premier élu sera Barnabé Infernet. Il faut d’abord travailler à l’approfondissement du port, car une des obligations imposées par le roi pour la séparation est celle de l’accès éventuel du port à treize galères royales. Ce travail doit être payé un tiers par le bourg, un tiers par le parlement d’Aix, un tiers par le roi.

On attendra pendant plus de trente ans ce dernier paiement. Cette avance de fonds obérera pour longtemps les finances locales. Cependant, le désenvasement du port permettra l’accès de navires plus importants et favorisera le commerce maritime.

De nombreux capitaines marins, de nombreux navires marchands donneront une grande activité au port.

1707 : Conflit

La nouvelle communauté parviendra ainsi, malgré quelques difficultés, à gérer son avenir. La population augmente, ainsi que le nombre de maisons.

Saint-Nazaire est maintenant un bourg qui comprend 253 maisons et 37 bastides sur le terroir, soit environ 1600 habitants.

Hélas, en 1707, la guerre est à nos portes. Le Duc de Savoie assiège Toulon et une escadre ennemie de vingt-deux navires vient mouiller en rade de Saint-Nazaire avec l’intention d’y débarquer des troupes pour prendre Toulon à revers.

Après un échange de boulets qui durera trois jours et demi, l’ennemi est contraint de se retirer. Il est vrai qu’en plus de la milice garde-côte locale et les canons de la tour, Toulon a envoyé des dragons qui ont pris position tout au long du littoral.

Cependant, la mer, au large, reste peu sûre et cela gène le trafic maritime et la pèche. Deux ans plus tard, en 1709, ce seront les plus grands froids que la Provence ait connue. A nouveau, la mer est interdite et, de plus, l’agriculture a terriblement souffert.

Il faut acheter des grains au dehors. Les oliviers, la vigne, sources de richesse, sont gelés. Il faudra plusieurs années pour s’en remettre.

En résumé, des années difficiles pour une jeune communauté sans grands moyens. Un fléau, plus terrible encore, la frappe en 1720-1721, la peste, qui ravage la Provence de Marseille à Toulon et Ollioules, Saint-Nazaire en sera atteint en 1721 et seules des mesures sanitaires, prises à temps et sévèrement contrôlées, permettront à la population de survivre.

Les pertes ne seront que d’une cinquantaine de personnes. La vie reprendra ses droits.

En 1746, nouvelle invasion de la Provence par les austro-sardes. Saint-Nazaire ne sera pas touché car cette invasion ne pourra atteindre Toulon. En 1788, une escadre, sous les ordres de l’amiral d’Estaing, partant de Toulon, participera à la guerre d’indépendance des états d’Amérique. Vingt-sept Saint-Nazairiens serviront à bord de différents navires de cette flotte. 1789 : La Révolution

La Révolution de 1789 fera comme partout des victimes dans notre bourg. La vente de biens nationaux, chapelles, bois, terres gastes, fera peut-être de nouveaux riches mais n’enrichira pas les peu fortunés.

En 1792, la Prud’homie succède à la Confrérie Saint-Pierre des pêcheurs. Lors de l’attaque de Toulon, aux mains des Anglais et royalistes, les représentants en mission feront arrêter les maires de Sanary et de Six-Fours sous le prétexte, inexact, qu’ils ont livré des armes aux troupes anglaises.

Les deux maires seront guillotinés pour avoir voulu défendre leurs administrés de ces fausses accusations. Il faudra attendre le XIXème siècle pour que le bourg recommence à prospérer, dans le port comme à la campagne.

Dans le début de ce siècle, la flotte, qui comptait trente-cinq bâtiments, faisant principalement le commerce avec les Echelles du Levant, est tombée à douze navires seulement, qui font un commerce de blé, de vin, d’huile, de bois à brûler, de briques et de tuiles.

Le port, délaissé pendant les périodes troublées, s’est à nouveau envasé. Quelques améliorations cependant pour les routes. En particulier en 1810 : on construit un pont en pierre sur la Reppe.

Le cimetière de la rue Saint-Pierre (aujourd’hui rue de la Prud’homie) est transféré à notre actuel vieux cimetière. Les pêcheurs ne sont plus groupés en Confrérie, mais ont créé une Prud’homie en 1792. On procède à la réparation de toutes les rues du bourg.

1859 : le premier train

Jusqu’en 1859, la vie s’écoule assez paisiblement. C’est en Mai 1859 que le premier train reliant Marseille à Toulon va faire son premier voyage.

Ce nouveau mode de transport va porter un coup fatal à trois activités : celle des moulins à vent, celle des moulins à huile et, surtout celle des transports maritimes.

Le port va décliner rapidement. Avec le ralentissement de la culture des oliviers, la vigne accroît son importance. Il en sera ainsi jusqu’en 1877, où le phylloxera affectera terriblement le terroir.

Pourtant, des domaines, ceux de Sainte-Trinide, de la Millière, de la Vernette, ont fait de grands progrès. La courte et désastreuse guerre de 1870 viendra arrêter cette expansion.

Heureusement en 1865 est arrivé un maire qui saura tourner le pays vers un avenir consacré au tourisme. On lui doit des constructions d’hôtels, des travaux d’embellissement des quais : plantation d’arbres, fontaines et, surtout l’élargissement qui va faire du port une belle promenade.

Le train est son allié avec le transport d’une clientèle qui recherche le soleil de notre Méditerranée, car ce sera tout d’abord un tourisme d’hiver. A la veille du XXème siècle, Saint-Nazaire devient Sanary le 12 novembre 1890. C’est son nom en provençal - San Nari - qui reprend ses droits.

Le 20ème siècle

Les travaux d’embellissement se poursuivent, des hôtels nouveaux se construisent, des villas se répandent dans l’arrière-pays. Sanary devient une petite ville.

La guerre de 1914-1918, comme pour toutes les villes de France, va arrêter cette expansion. Elle ne reprendra qu’à la fin du conflit qui a endeuillé beaucoup de familles et particulièrement le monde de la campagne et celui de la pêche. 1923 : Sanary sur mer

Le 27 juillet 1923, Sanary devient Sanary-sur-mer.

L’apparition des transports automobiles va permettre au monde du travail d’aller travailler à l’arsenal de Toulon, aux chantiers navals de la Seyne et la Ciotat. Il n’existe dans le terroir aucune industrie importante. Le tourisme cependant, à partir de 1936, va se développer et devenir surtout un tourisme d’été avec le nouvel engouement pour les bains de mer.

Là encore, la guerre de 1939-1945 va interrompre cette évolution. De nombreux étrangers, allemands, autrichiens, espagnols, vont venir se réfugier chez nous, fuyant le régime de leur pays. En 1942, les troupes allemandes et italiennes occupent la zone libre. Ces troupes entreprennent de transformer la côte en réduit fortifié.

Pour cela, plus de 150 maisons vont être détruites à l’explosif. Il faudra la Libération pour arrêter cette dévastation de notre commune.

Des blockhaus barrent les rues, le port est interdit, la population s’est réfugiée dans la campagne ou dans d’autres départements moins exposés. Avec la paix retrouvée, reprennent les activités touristiques. C’est la seule industrie qui peut permettre une activité rentable. Hélas, dans la tourmente, plusieurs hôtels ont disparu : Hôtel Dol, de la Mer, de la Ménandière, ainsi que des pensions de famille.

Par contre, favorisées par l’abandon de la culture, des terres deviennent disponibles pour des résidences secondaires. Sanary, un peu tous les jours, se transforme. C’est un autre Sanary-sur-Mer qui se bâtit pour le XXIème siècle.


Auteur : inconnu - source: synthèse de documents délivrés par l'Office de tourisme de Sanary par Olivier THOMAS