Archive pour olivier

André Marius Joseph Jubelin

Hommage à un grand Sanaryen bien oublié par notre ville par Henri Ribot

Jubelin André-Marius-Joseph (1906-1986)

Né à Toulon (Var), le 28 juillet 1906.

Entré à l’École navale en octobre 1925, enseigne de vaisseau de 2e classe en octobre 1927, il embarqua en août 1928 sur le porte-avions Béarn.

Enseigne de 1re classe en octobre 1929, il servit sur le torpilleur Siroco et fut affecté en janvier 1930 à l’École d’aéronautique de Ver¬sailles où il passa son brevet de pilote.

Il servit ensuite en escadre sur les torpilleurs Sakalavc et Annamite (1930-1931) et entra en octobre 1931 à l’École des officiers canonniers à Toulon.

Bre¬veté canonnier et directeur de tir, il embarqua sur les croiseurs Gueydon et Suffren avant d’être nommé en décembre 1933 à l’état-major de la marine au Maroc.

Lieutenant de vaisseau en mars 1935, il passa sur le torpilleur Brestois comme directeur de tir de la 5e division de torpilleurs et commanda en mars 1939 la batterie côtière de Montebourg.

Chef du service artillerie sur le croiseur La Motte-Picquet en Extrême-Orient, il se trouvait à Saigon au moment de l’armistice. Le 4 novembre 1940, il réussit à quitter l’Indochine à bord d’un avion-école et à gagner Singapour d’où il rejoignit les Forces Navales françaises libres à Londres en février 1941. Commandant par intérim du cuirassé Courbet mouillé à Portsmouth, il participa à la défense aérienne de ce port en abattant 3 avions ennemis et fut promu capitaine de corvette en mars.

Pilote d’hydravion, il fut chargé par l’amiral Muselier d’organiser une formation d’aéronavale et réussit à constituer une escadrille de chasse avec laquelle il exécuta 72 missions offensives de jour et de nuit et abattit 4 avions allemands.

Nommé en août 1942 commandant de l’aviso Savorgnan-de-Brazza, il participa avec ce bâti¬ment à l’escorte de 27 convois dans l’Atlantique et l’océan Indien, abattit avec la DCA du bord 2 quadrimoteurs allemands (mars 1943) et livra combat à 2 sous-marins ennemis qui furent probablement détruits.

Capitaine de frégate en janvier 1944, il fut affecté en mars au cabinet du ministre à Alger puis à Paris et effectua des missions de liaison sur les fronts terrestres pen¬dant les derniers mois de la guerre en Europe.

Commandant en avril 1945 le croiseur léger Triomphant, il arriva en Indochine en octobre, entra le premier à Saigon où il débarqua le commando Ponchardier et assura la libération de Nha-Trang. En mars 1946, le Triomphant dirigea le convoi de troupes chargé de reprendre pied au Tonkin et entra encore une fois le premier à Haiphong. Pendant une demi-heure, le bâtiment, arrosé de projectiles, s’abstint de riposter, confor¬mément aux ordres reçus, puis réduisit au silence en trois minutes les batteries ennemies et pro¬tégea l’entrée du convoi.

À la fin de la guerre, Jubelin avait fait l’objet de dix citations.

Capitaine de vaisseau en juillet 1946, chef de la sec¬tion marine au cabinet militaire du président du gouvernement provisoire, il fut nommé en janvier 1947 commandant du secteur maritime du lac de Constance et, en mai 1948, chef de la section marine à l’inspection générale des forces armées. Commandant le porte-avions Arromanches en octobre 1948, il participa à plusieurs opérations en Indochine.

Attaché en mai 1950 à l’état- major particulier du ministre de la Défense nationale, commandant la marine à Marseille en novembre, il fut promu contre-amiral en octobre 1952 et nommé en mai 1953 attaché naval adjoint à Washington. Commandant l’aviation navale en Méditerranée en janvier 1957, chef de l’état-major particulier du secrétaire d’État à la Marine en juillet, vice-amiral en février 1958, il fut nommé en juillet major général à Toulon.

Préfet maritime de Brest en février 1959, membre du Conseil supérieur de la marine, vice- amiral d’escadre en juillet 1960, il reçut en décembre 1961 le commandement de l’escadre concentrée en Méditerranée. Amiral en août1963, inspecteur général de la mariine en septembre, il exerça de novembre 1963 à octobre 1965 les fonctions de commandant en chef pour la Méditerranée.

Il quitta le service actif en octobre 1967.

Il est l’auteur de “Marin de métier, pilote de fortune (1951), de “Pilote d’hélicoptères” et du scénario du film “Le ciel sur la tête”.

Il mourut à Sanary (Var), le 7 mai 1986.

Henri Ribot

Un terminal pétrolier à Sanary

Le 1er avril 1911, monsieur Pluche qui représentait la société Pluche et Cie (siège à Paris dans le 9ème arrondissement), demanda à monsieur le Préfet du Var l’autorisation de créer un terminal pétrolier à Sanary.

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L’entrepôt pétrolier était prévu sur la commune d’Ollioules à proximité de la Gare.

M Pluche souhaitait implanter ce terminal contre la jetée est (actuellement la maison du tourisme).

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Les navires citernes en fer accosteraient sur ce quai et des pompes à vapeur refouleraient le pétrole par oléoduc vers l’entrepôt d’Ollioules.

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Le 7 mai 1911, le conseil municipal de Sanary rejeta à l’unanimité ce projet. Les arguments de la ville :

  1. Risque de pollution ce qui nuirait aux pêcheurs
  2. Aucun avantage ni bénéfice pour la commune
  3. Danger pour la population : risque d’explosion

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Le 17 avril 1911,  le maire Grondona organisa une réunion publique. La pétition des habitants comportait 700 signatures contre cette implantation pétrolière.

Le 26 juin 1911, la Chambre de commerce de Toulon donna un avis défavorable au projet (10 voix contre une). Les arguments de la Chambre :

  1. Sanary est une station hivernale et estivale. Une telle installation portuaire nuirait au développement économique
  2. Ce terminal peut être installé dans d’autres ports limitrophes (La Seyne)

La préfecture du Var interrogea M Pluche sur son projet. Les pompes à vapeur seraient installées dans un bâtiment à construire sur pilotis. M Pluche précisa que le volume du chargement moyen était de 300 tonnes et que chaque débarquement durait 6 heures.

M Chauve, ingénieur des ponts et Chaussées, refusa l’autorisation le 22 décembre 1911. Son argument consistait essentiellement dans le risque pour la population. L’ingénieur mentionna dans son rapport au Préfet : « le terre-plein [situé à proximité] , planté de palmiers, constitue une des promenades les plus fréquentées et les plus agréables de la ville de Sanary« . Il rajouta : « la ville est en développement croissant, c’est une station estivale et hivernale qui progresse chaque année et qui devient de plus en plus fréquentée par les étrangers« .

Monsieur le Préfet du Var enterra définitivement ce projet de terminal pétrolier.

Olivier Thomas septembre 2015

Histoire de l’école maternelle de Portissol

C’est l’architecte Gaudensi Allar qui fut choisi par la municipalité pour la construction du groupe scolaire laïc.

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signature de l’architecte

Le marché public de la construction de la première école laïque de Sanary fut adjugé le 2 janvier 1883. Les travaux furent confiés à l’entrepreneur marseillais Joseph Garcin.

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(plan de coupe de l’école)

Le budget total était de 85 361 francs. La commune avait emprunté la somme de 40 000 francs et l’État subventionnait pour 30 000 francs Le surplus était autofinancé par la commune. En février 1883, la ville devait emprunter un nouveau montant de 14 400 francs pour couvrir les nouvelles dépenses de construction. Le 18 avril 1883, le sous-préfet Eynac visita le chantier de construction. Il fut accueilli par le maire Toulouzan avec une Marseillaise jouée par la société musicale l’Avenir. La presse relata que le préfet « a félicité l’architecte et la municipalité ». La construction du groupe scolaire fut terminée le 5 août 1883. Le contremaître du chantier offrit le 6 août 1883 aux ouvriers et à la population un banquet républicain. L’inauguration du groupe scolaire de Portissol fut fixé au 30 septembre 1883. Cette inauguration était sous la présidence de Noël Blache, président du Conseil Général.

Le discours de Noël Blache lors de l’inauguration :

Mes chers Enfants,

En voyant la joie sur tous vos jeunes visages, je me dis : voila des enfants qui sont heureux. Et vous avez raison de l’être ! Ne vous a-t-on pas bâti une belle maison toute neuve ; une maison vaste ; afin que chacun de vous y trouve sa large place – parfaitement aérée, afin que chacun de vous y respire à pleins poumons – joyeusement éclairé par de grandes fenêtres, pour que le soleil, cet ami de tous les âges, vous égaie de ses aimables rayons aux heures des problèmes laborieux. Un spirituel écrivain, Henri Heine, a dit :

« quand la jeunesse et la belle nature se rencontrent, elles se mettent réciproquement de bonne humeur »

Ah ! On ne veut pas vous rendre l’étude sévère et maussade, et voila pourquoi on vous a construit ces salles blanches et coquettes où vous ne pouvez vous dispenser de faire désormais merveille.

Aussi, sommes nous tous satisfaits ici de vous prendre possession de ce local édifié par la sollicitude toute sympathique de votre municipalité. Mais pourquoi ne pas l’avouer ? En dépit du plaisir que j’en ai, j’éprouve un sentiment moins généreux bien profond, bien intime … Vous allez me le pardonner. Oui, je ressens une jalousie secrète à la vue de ce qu’on a fait pour vous, moi je me souviens d’un temps où l’étude était ingrate et ardue dans des salles sombres et malsaines. Vous êtes des enfants gâtés, venus au bon moment de ce siècle. La République vous accueille avec des tendresses inépuisables. Elle vous ouvre toutes grandes les portes de ses écoles ; elle vous donne des livres attrayants et vrais, où la science est rendue facile ; elle vous entoure surtout de maîtres intelligents, dont la bienveillance et à la hauteur du savoir, du dévouement. Elle vous fournit tout cela sans compter, ne demandant en retour à chacun de vous qu’un peu de reconnaissance – cette mémoire du cœur, et beaucoup de travail – cette garantie de votre avenir qui vous permettra d’arriver à tout.

Jusqu’ici, mes chers enfants, que de nobles aspirations ont manqué d’éclore, grâce aux régimes passés qui fermaient l’école aux enfants du peuple ! Aujourd’hui vos jeunes esprits ont le droit de s’épanouir au soleil de cette République, qui veut donner le même point de départ à tous, au fils du remueur de terre comme au fils de prince. Montrez vous dignes de ses générosités maternelles. Luttez pour l’étude, sans trêve, sans repos. Prouvez aux réfractaires, à ceux qui ont combattu contre l’instruction, que vous aviez latents au fond de votre être, des élans vers en haut, qu’il eût été barbare d’étouffer des trésors d’intelligence, qu’il eût été criminel de rendre lettre morte.

Et lorsque le cours de la vie vous aura dispersés aux quatre coins de cette France généreuse qui vous consacre le meilleur de ses épargnes – cette belle maison neuve, que votre municipalité inaugure à cette heure avec tant de joie ! Cette maison, c’est l’école – foyer d’émancipation ardente où vous aurez appris à devenir des citoyens ; c’est l’asile souriant où vous aurez bégayé les premiers éléments de notre histoire ; c’est la petite patrie où il vous aura été donné de connaître et d’aimer la patrie française. Cette partrie, si grande encore malgré ses malheurs, malgré ses revers, aimez la par dessus tout, mes enfants ! Aimez aussi la République dont l’existence est liée à l’existence même de la France. Et n’oubliez pas que c’est sur vos jeunes et chères têtes que reposent l’espérance des jours meilleurs et des lendemains glorieux !

Vive la République.

L’inauguration se termina par un bal très animé.

Honte à ceux qui vont détruire la première école laïque de Sanary.

Olivier Thomas

Photos prises en avril 2014

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Accident ferroviaire du 5 février 1871

Compte rendu de l’accident publié en 1887 dans le traité des chemins de fers

Ex voto déposé à ND de Pitié

Accident de Sanary (P.-L.-M. — 5 février 1871). — Le 5 février 1871, le train omnibus 481 quittait Marseille à 7 h. 47 du matin pour se rendre à Toulon. Il était composé de vingt véhicules, dont onze destinés aux voyageurs et les neuf autres aux marchandises. Quatre de ces derniers renfermaient 25 000 kg. de poudre expédiés de Bordeaux à Toulon. En effet, les nécessités de la guerre avaient déterminé le Ministre des travaux publics à déroger aux prescriptions de l’article 21 de l’ordonnance du 15 novembre 1846 et à prendre, le 24 août 1870, une décision qui autorisait la Compagnie de la Méditerranée à transporter en grande vitesse, au cas d’urgence, les munitions de guerre par des trains contenant ou non des voyageurs.

Le train 481 venait à peine de quitter Bandol et de s’engager dans la tranchée de la Gorguette, lorsqu’une explosion terrible se produisit. Les quatre wagons de poudre avaient pris feu. Soixante personnes périrent sur le coup ; il y eut, en outre, plus de 80 blessés, dont 10 succombèrent par
la suite.

On attribua l’accident à un défaut de chargement des barils de poudre à Bordeaux. On supposa que la poudre s’était échappée des barils et répandue sur le plancher des wagons et de là sur la voie ou elle se serait enflammée au contact des escarbilles, ou bien que, les barils étant à découvert, une étincelle de la machine avait pu les atteindre et provoquer l’explosion.

Des poursuites correctionnelles furent exercées contre le chef de gare de Bordeaux-Bastide, contre un gardien de batterie aux magasins généraux de Bordeaux et contre un sous-chef de gare de Marseille. Faute de preuves suffisantes, les inculpés furent relaxés par un arrêt de la Cour d’appel d’Aix, en date du 6 juillet 1871.

Une action civile fut d’ailleurs dirigée contre la Compagnie par les familles des victimes, devant les tribunaux de la Seine, de Lyon, de Villefranche, de Marseille, de Toulon et de Draguignan. La Compagnie appela l’État en garantie. Les préfets
de la Seine, du Rhône, des Bouches-du-Rhône et du Var présentèrent le déclinatoire d’incompétence qui fut accueilli par tous les tribunaux, sauf celui de
Lyon.

Le préfet du Rhône prit alors un arrêté de conflit qui fut confirmé par une décision du Tribunal des conflits, en date du 25 janvier 1873. Appelée à porter ainsi son action en garantie devant la juridiction administrative, la Compagnie obtint du Conseil d’État une décision du 17 décembre 1875, qui condamnait le Ministre de la guerre à lui rembourser les deux tiers du montant des indemnités mises à sa charge.

Au point de vue administratif, la décision ministérielle du 24 août 1870 fut rapportée le 17 février 1871, c’est-à-dire 12 jours après l’accident.

Les baux il y a 100 ans

Le centre ville il y a 100 ans

Photos de ND de Pitié et des moulins

1944 : Libération de Sanary

La 1ère Armée française commandée par le Général De Lattre de Tassigny grossie par les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) ont libéré le 23 août 1944 la ville de Sanary sur mer.

Le Lieutenant-colonel Van Hecke qui commande le 7 ème chasseurs d’Afrique part de Bandol le 23 août 1944 à 8h00 en direction de Sanary toujours occupée par 300 soldats allemands. Mais ces allemands veulent se rendre. A 10h00 la ville de Sanary est libérée, les allemands se sont rendus.

Le lieutenant allemand Oswald Hartmann de la 8ème Batterie protégea notre ville de la destruction massive comme le commandant de Paris Dietrich Von Choltitz qui refusa d’exécuter l’ordre de détruire Paris. Soldat allemand venu du front Russe à Sanary le 8 janvier 1944. Il coupa le fil reliant le détonateur aux mines posées par les Allemands, évitant ainsi la destruction totale du port et de la ville.

Les habitants de Sanary le placèrent ensuite à la tête d’un commando de civils pour déminer la ville. A la tête d’une soixantaine d’hommes ils détruisirent durant 2 ans et demi près de 90 000 mines.

Une section du 2ème spahis et la section Cattanéo du 3ème tirailleurs restent pour occuper la ville de Sanary. Les places fortes allemandes de Pierredon et de la Cride se rendent aussi. La route ouest de Toulon est ouverte !

Sanary à sa libération, de lourds dommages civils

Ernest Blanc

Ernest Blanc est né à Sanary le 1er novembre 1923.

Employé à l’arsenal de Toulon, rien ne semblait prédisposer le jeune Ernest Blanc à la splendide carrière qui allait rapidement être la sienne. C’était sans compter sur quelques oreilles avisées qui, l’entendant chanter à tue-tête dans les ateliers de l’arsenal, le convainquent de se présenter à quelques concours de chant, où il fut rapidement remarqué au point d’intégrer le Conservatoire de Paris. Deux années à peine lui suffisent pour démontrer qu’il est prêt à affronter la scène : les engagements ne tardent pas à affluer.

L’un des très rares artistes francophones ayant été invité à participer au festival de Bayreuth, où il interprète le rôle de Friedrich von Telramund (dans Lohengrin, en 1958 et 1959 ), qu’il appris entièrement phonétiquement (ne parlant pas un mot d’allemand), aux côtés, notamment, de la grande mezzo belge Rita Gorr.

Sa voix et son physique prestigieux l’ont amené à se produire dans le monde entier depuis ses débuts en 1950 jusqu’en 1993, avec un constant succès. Il est un interprète inégalable des grands rôles verdiens, aussi bien que de l’opéra français et allemand. Parler d’Ernest Blanc, c’est évoquer avant tout l’exceptionnelle qualité de son timbre de voix. Une grande puissance vocale, alliée à une longue tessiture lui permettent de triompher aussi bien dans les rôles emblématiques de baryton, comme en témoignent ses innombrables Rigoletto, que dans des rôles plus complexes comme celui de Wolfram von Eschenbach dans Tannhäuser, dont il donna une interprétation d’une grande profondeur. Son enregistrement du rôle d’Escamillo, aux côtés de la Carmen Victoria de Los Angelès, reste une référence.

Il aborde parfois quelques personnages vocalement plus graves, comme le Méphisto de Berlioz ou le père de Louise dont il présente à Bruxelles une émouvante et puissante incarnation. À côté de ses qualités vocales, il sait également toujours démontrer dans l’ensemble de ses prestations une forte puissance dramatique, et un charisme incontestable. Héritier de la grande tradition du chant français, il maîtrise un art de la diction fait de clarté et d’élégance.

Ayant acquis et gardé durant plusieurs décennies une brillante réputation sur le plan international, il sait aussi conserver une immense popularité auprès du public de ses débuts, notamment dans les théâtres méridionaux où, jamais, à l’apogée de sa carrière, il ne dédaigne de continuer à se produire.

Lors de ses adieux, à l’âge de 70 ans (à l’opéra de Nice, dans Manon de Massenet), sa prestation fait une telle impression que le public se demande pourquoi il met un terme à sa carrière. Il répond, non sans humour, qu’il a envie d’aller à la pêche !

Ernest Blanc est décédé le 22 décembre 2010.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Blanc

Georges SERENON

Mon ami  « JOJO »

Par Gérard Loridon

Georges SERENON, ami du Cdt JY. COUSTEAU et de Frédéric DUMAS, connu sur le port de Sanary sous le diminutif de « JOJO, a débuté dans le monde sous-marin aux côtés de ces deux pionniers, ses amis très proches, et c’est en leur compagnie qu’il fit ses premières plongées.

De cette passion dont il fit sa vie, il faut retenir qu’il commença à Sanary chez Paul DUBOIS, fabricant du masque Squale. Jojo, pendant plusieurs années assura la promotion et la vente de ce matériel (toujours fabriqué de nos jours) dans des conditions quelquefois épiques…

Dans les années 50, il entra comme cadre commercial à la Spirotechnique dite « SPIRO », entreprise créée par l’Air Liquide pour commercialiser les inventions du Cdt Cousteau. C’est à cette époque, qu’il prit contact avec les premiers professionnels des travaux sous-marins.

Ces toutes nouvelles entreprises dont la Sogétram, n’étaient pas les meilleures affaires financières.

La Spiro n’en est pas morte, l’Air Liquide avait les reins solides ! Et c’est bien souvent notre ami Jojo Sérénon qui avait en charge ce type de problèmes, surtout quand la Sogétram s’étant développée, des plongeurs issus de ses rangs fondèrent d’autres entreprises. Jojo faisait le tour de ces créanciers pour qui, il faut le reconnaître, il avait beaucoup d’amitié, ce qui n’arrangeait pas les choses. Dont la SUBA, siégeant à Sanary, pas loin de chez Jojo, qui s’entendit répondre un jour ou, poussé dans ses derniers retranchements par sa direction, il avait « osé » venir présenter des factures datant de plus de six mois :  » vous comprenez, Jojo, nous préférons avoir un découvert à la Spirotechnique qu’à notre banque, cela nous coûte moins cher… »

Il était néanmoins, un professionnel sérieux et reconnu, puisque la Spiro lui confia la création du CIP Bendor, en 1960, qui va être en fait le premier organisme de formation important dans le domaine de la plongée de Loisirs, de la plongée Professionnelle, et des plongeurs de l’administration. On y verra tous les stages de sapeurs pompiers, de gendarmes, de CRS, et bien d’autres. Stages de hauts niveaux sous les ordres du chef de centre Claude Arzillier, et de son fidèle moniteur Jacques Burnier, issu comme chacun sait de la Sogétram.

Quittant la Spiro, Jojo va prendre les rênes de la FIFAS (Fédération Internationale des Fabricants d’Articles de Sports)

Prenant sa retraite, il devint, à Sanary, l’un des membres fondateurs de l’association du Musée Frédéric Dumas, et son Vice Président d’Honneur. Il offrira au dit Musée, toute sa collection d’anciens matériels de plongée, dont certaines pièces chargées d’histoire. JOJO, nous a quittés en 2000 ; il a rejoint là-haut, ses amis Cousteau, Dumas et bien d’autres pionniers, avec qui il doit évoquer ses premières plongées au Rouveau et à la Clapassude.

Jojo, à gauche avec son mérou