Ernest Blanc

Ernest Blanc est né à Sanary le 1er novembre 1923.

Employé à l’arsenal de Toulon, rien ne semblait prédisposer le jeune Ernest Blanc à la splendide carrière qui allait rapidement être la sienne. C’était sans compter sur quelques oreilles avisées qui, l’entendant chanter à tue-tête dans les ateliers de l’arsenal, le convainquent de se présenter à quelques concours de chant, où il fut rapidement remarqué au point d’intégrer le Conservatoire de Paris. Deux années à peine lui suffisent pour démontrer qu’il est prêt à affronter la scène : les engagements ne tardent pas à affluer.

L’un des très rares artistes francophones ayant été invité à participer au festival de Bayreuth, où il interprète le rôle de Friedrich von Telramund (dans Lohengrin, en 1958 et 1959 ), qu’il appris entièrement phonétiquement (ne parlant pas un mot d’allemand), aux côtés, notamment, de la grande mezzo belge Rita Gorr.

Sa voix et son physique prestigieux l’ont amené à se produire dans le monde entier depuis ses débuts en 1950 jusqu’en 1993, avec un constant succès. Il est un interprète inégalable des grands rôles verdiens, aussi bien que de l’opéra français et allemand. Parler d’Ernest Blanc, c’est évoquer avant tout l’exceptionnelle qualité de son timbre de voix. Une grande puissance vocale, alliée à une longue tessiture lui permettent de triompher aussi bien dans les rôles emblématiques de baryton, comme en témoignent ses innombrables Rigoletto, que dans des rôles plus complexes comme celui de Wolfram von Eschenbach dans Tannhäuser, dont il donna une interprétation d’une grande profondeur. Son enregistrement du rôle d’Escamillo, aux côtés de la Carmen Victoria de Los Angelès, reste une référence.

Il aborde parfois quelques personnages vocalement plus graves, comme le Méphisto de Berlioz ou le père de Louise dont il présente à Bruxelles une émouvante et puissante incarnation. À côté de ses qualités vocales, il sait également toujours démontrer dans l’ensemble de ses prestations une forte puissance dramatique, et un charisme incontestable. Héritier de la grande tradition du chant français, il maîtrise un art de la diction fait de clarté et d’élégance.

Ayant acquis et gardé durant plusieurs décennies une brillante réputation sur le plan international, il sait aussi conserver une immense popularité auprès du public de ses débuts, notamment dans les théâtres méridionaux où, jamais, à l’apogée de sa carrière, il ne dédaigne de continuer à se produire.

Lors de ses adieux, à l’âge de 70 ans (à l’opéra de Nice, dans Manon de Massenet), sa prestation fait une telle impression que le public se demande pourquoi il met un terme à sa carrière. Il répond, non sans humour, qu’il a envie d’aller à la pêche !

Ernest Blanc est décédé le 22 décembre 2010.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Blanc

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