Histoire de l’école maternelle de Portissol

C’est l’architecte Gaudensi Allar qui fut choisi par la municipalité pour la construction du groupe scolaire laïc.

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signature de l’architecte

Le marché public de la construction de la première école laïque de Sanary fut adjugé le 2 janvier 1883. Les travaux furent confiés à l’entrepreneur marseillais Joseph Garcin.

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(plan de coupe de l’école)

Le budget total était de 85 361 francs. La commune avait emprunté la somme de 40 000 francs et l’État subventionnait pour 30 000 francs Le surplus était autofinancé par la commune. En février 1883, la ville devait emprunter un nouveau montant de 14 400 francs pour couvrir les nouvelles dépenses de construction. Le 18 avril 1883, le sous-préfet Eynac visita le chantier de construction. Il fut accueilli par le maire Toulouzan avec une Marseillaise jouée par la société musicale l’Avenir. La presse relata que le préfet « a félicité l’architecte et la municipalité ». La construction du groupe scolaire fut terminée le 5 août 1883. Le contremaître du chantier offrit le 6 août 1883 aux ouvriers et à la population un banquet républicain. L’inauguration du groupe scolaire de Portissol fut fixé au 30 septembre 1883. Cette inauguration était sous la présidence de Noël Blache, président du Conseil Général.

Le discours de Noël Blache lors de l’inauguration :

Mes chers Enfants,

En voyant la joie sur tous vos jeunes visages, je me dis : voila des enfants qui sont heureux. Et vous avez raison de l’être ! Ne vous a-t-on pas bâti une belle maison toute neuve ; une maison vaste ; afin que chacun de vous y trouve sa large place – parfaitement aérée, afin que chacun de vous y respire à pleins poumons – joyeusement éclairé par de grandes fenêtres, pour que le soleil, cet ami de tous les âges, vous égaie de ses aimables rayons aux heures des problèmes laborieux. Un spirituel écrivain, Henri Heine, a dit :

« quand la jeunesse et la belle nature se rencontrent, elles se mettent réciproquement de bonne humeur »

Ah ! On ne veut pas vous rendre l’étude sévère et maussade, et voila pourquoi on vous a construit ces salles blanches et coquettes où vous ne pouvez vous dispenser de faire désormais merveille.

Aussi, sommes nous tous satisfaits ici de vous prendre possession de ce local édifié par la sollicitude toute sympathique de votre municipalité. Mais pourquoi ne pas l’avouer ? En dépit du plaisir que j’en ai, j’éprouve un sentiment moins généreux bien profond, bien intime … Vous allez me le pardonner. Oui, je ressens une jalousie secrète à la vue de ce qu’on a fait pour vous, moi je me souviens d’un temps où l’étude était ingrate et ardue dans des salles sombres et malsaines. Vous êtes des enfants gâtés, venus au bon moment de ce siècle. La République vous accueille avec des tendresses inépuisables. Elle vous ouvre toutes grandes les portes de ses écoles ; elle vous donne des livres attrayants et vrais, où la science est rendue facile ; elle vous entoure surtout de maîtres intelligents, dont la bienveillance et à la hauteur du savoir, du dévouement. Elle vous fournit tout cela sans compter, ne demandant en retour à chacun de vous qu’un peu de reconnaissance – cette mémoire du cœur, et beaucoup de travail – cette garantie de votre avenir qui vous permettra d’arriver à tout.

Jusqu’ici, mes chers enfants, que de nobles aspirations ont manqué d’éclore, grâce aux régimes passés qui fermaient l’école aux enfants du peuple ! Aujourd’hui vos jeunes esprits ont le droit de s’épanouir au soleil de cette République, qui veut donner le même point de départ à tous, au fils du remueur de terre comme au fils de prince. Montrez vous dignes de ses générosités maternelles. Luttez pour l’étude, sans trêve, sans repos. Prouvez aux réfractaires, à ceux qui ont combattu contre l’instruction, que vous aviez latents au fond de votre être, des élans vers en haut, qu’il eût été barbare d’étouffer des trésors d’intelligence, qu’il eût été criminel de rendre lettre morte.

Et lorsque le cours de la vie vous aura dispersés aux quatre coins de cette France généreuse qui vous consacre le meilleur de ses épargnes – cette belle maison neuve, que votre municipalité inaugure à cette heure avec tant de joie ! Cette maison, c’est l’école – foyer d’émancipation ardente où vous aurez appris à devenir des citoyens ; c’est l’asile souriant où vous aurez bégayé les premiers éléments de notre histoire ; c’est la petite patrie où il vous aura été donné de connaître et d’aimer la patrie française. Cette partrie, si grande encore malgré ses malheurs, malgré ses revers, aimez la par dessus tout, mes enfants ! Aimez aussi la République dont l’existence est liée à l’existence même de la France. Et n’oubliez pas que c’est sur vos jeunes et chères têtes que reposent l’espérance des jours meilleurs et des lendemains glorieux !

Vive la République.

L’inauguration se termina par un bal très animé.

Honte à ceux qui vont détruire la première école laïque de Sanary.

Olivier Thomas

Photos prises en avril 2014

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