Archive pour Histoire générale

Le centre ville il y a 100 ans

Photos de ND de Pitié et des moulins

1944 : Libération de Sanary

La 1ère Armée française commandée par le Général De Lattre de Tassigny grossie par les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) ont libéré le 23 août 1944 la ville de Sanary sur mer.

Le Lieutenant-colonel Van Hecke qui commande le 7 ème chasseurs d’Afrique part de Bandol le 23 août 1944 à 8h00 en direction de Sanary toujours occupée par 300 soldats allemands. Mais ces allemands veulent se rendre. A 10h00 la ville de Sanary est libérée, les allemands se sont rendus.

Le lieutenant allemand Oswald Hartmann de la 8ème Batterie protégea notre ville de la destruction massive comme le commandant de Paris Dietrich Von Choltitz qui refusa d’exécuter l’ordre de détruire Paris. Soldat allemand venu du front Russe à Sanary le 8 janvier 1944. Il coupa le fil reliant le détonateur aux mines posées par les Allemands, évitant ainsi la destruction totale du port et de la ville.

Les habitants de Sanary le placèrent ensuite à la tête d’un commando de civils pour déminer la ville. A la tête d’une soixantaine d’hommes ils détruisirent durant 2 ans et demi près de 90 000 mines.

Une section du 2ème spahis et la section Cattanéo du 3ème tirailleurs restent pour occuper la ville de Sanary. Les places fortes allemandes de Pierredon et de la Cride se rendent aussi. La route ouest de Toulon est ouverte !

Sanary à sa libération, de lourds dommages civils

Ernest Blanc

Ernest Blanc est né à Sanary le 1er novembre 1923.

Employé à l’arsenal de Toulon, rien ne semblait prédisposer le jeune Ernest Blanc à la splendide carrière qui allait rapidement être la sienne. C’était sans compter sur quelques oreilles avisées qui, l’entendant chanter à tue-tête dans les ateliers de l’arsenal, le convainquent de se présenter à quelques concours de chant, où il fut rapidement remarqué au point d’intégrer le Conservatoire de Paris. Deux années à peine lui suffisent pour démontrer qu’il est prêt à affronter la scène : les engagements ne tardent pas à affluer.

L’un des très rares artistes francophones ayant été invité à participer au festival de Bayreuth, où il interprète le rôle de Friedrich von Telramund (dans Lohengrin, en 1958 et 1959 ), qu’il appris entièrement phonétiquement (ne parlant pas un mot d’allemand), aux côtés, notamment, de la grande mezzo belge Rita Gorr.

Sa voix et son physique prestigieux l’ont amené à se produire dans le monde entier depuis ses débuts en 1950 jusqu’en 1993, avec un constant succès. Il est un interprète inégalable des grands rôles verdiens, aussi bien que de l’opéra français et allemand. Parler d’Ernest Blanc, c’est évoquer avant tout l’exceptionnelle qualité de son timbre de voix. Une grande puissance vocale, alliée à une longue tessiture lui permettent de triompher aussi bien dans les rôles emblématiques de baryton, comme en témoignent ses innombrables Rigoletto, que dans des rôles plus complexes comme celui de Wolfram von Eschenbach dans Tannhäuser, dont il donna une interprétation d’une grande profondeur. Son enregistrement du rôle d’Escamillo, aux côtés de la Carmen Victoria de Los Angelès, reste une référence.

Il aborde parfois quelques personnages vocalement plus graves, comme le Méphisto de Berlioz ou le père de Louise dont il présente à Bruxelles une émouvante et puissante incarnation. À côté de ses qualités vocales, il sait également toujours démontrer dans l’ensemble de ses prestations une forte puissance dramatique, et un charisme incontestable. Héritier de la grande tradition du chant français, il maîtrise un art de la diction fait de clarté et d’élégance.

Ayant acquis et gardé durant plusieurs décennies une brillante réputation sur le plan international, il sait aussi conserver une immense popularité auprès du public de ses débuts, notamment dans les théâtres méridionaux où, jamais, à l’apogée de sa carrière, il ne dédaigne de continuer à se produire.

Lors de ses adieux, à l’âge de 70 ans (à l’opéra de Nice, dans Manon de Massenet), sa prestation fait une telle impression que le public se demande pourquoi il met un terme à sa carrière. Il répond, non sans humour, qu’il a envie d’aller à la pêche !

Ernest Blanc est décédé le 22 décembre 2010.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Blanc

Georges SERENON

Mon ami  « JOJO »

Par Gérard Loridon

Georges SERENON, ami du Cdt JY. COUSTEAU et de Frédéric DUMAS, connu sur le port de Sanary sous le diminutif de “JOJO, a débuté dans le monde sous-marin aux côtés de ces deux pionniers, ses amis très proches, et c’est en leur compagnie qu’il fit ses premières plongées.

De cette passion dont il fit sa vie, il faut retenir qu’il commença à Sanary chez Paul DUBOIS, fabricant du masque Squale. Jojo, pendant plusieurs années assura la promotion et la vente de ce matériel (toujours fabriqué de nos jours) dans des conditions quelquefois épiques…

Dans les années 50, il entra comme cadre commercial à la Spirotechnique dite “SPIRO”, entreprise créée par l’Air Liquide pour commercialiser les inventions du Cdt Cousteau. C’est à cette époque, qu’il prit contact avec les premiers professionnels des travaux sous-marins.

Ces toutes nouvelles entreprises dont la Sogétram, n’étaient pas les meilleures affaires financières.

La Spiro n’en est pas morte, l’Air Liquide avait les reins solides ! Et c’est bien souvent notre ami Jojo Sérénon qui avait en charge ce type de problèmes, surtout quand la Sogétram s’étant développée, des plongeurs issus de ses rangs fondèrent d’autres entreprises. Jojo faisait le tour de ces créanciers pour qui, il faut le reconnaître, il avait beaucoup d’amitié, ce qui n’arrangeait pas les choses. Dont la SUBA, siégeant à Sanary, pas loin de chez Jojo, qui s’entendit répondre un jour ou, poussé dans ses derniers retranchements par sa direction, il avait “osé” venir présenter des factures datant de plus de six mois : ” vous comprenez, Jojo, nous préférons avoir un découvert à la Spirotechnique qu’à notre banque, cela nous coûte moins cher…”

Il était néanmoins, un professionnel sérieux et reconnu, puisque la Spiro lui confia la création du CIP Bendor, en 1960, qui va être en fait le premier organisme de formation important dans le domaine de la plongée de Loisirs, de la plongée Professionnelle, et des plongeurs de l’administration. On y verra tous les stages de sapeurs pompiers, de gendarmes, de CRS, et bien d’autres. Stages de hauts niveaux sous les ordres du chef de centre Claude Arzillier, et de son fidèle moniteur Jacques Burnier, issu comme chacun sait de la Sogétram.

Quittant la Spiro, Jojo va prendre les rênes de la FIFAS (Fédération Internationale des Fabricants d’Articles de Sports)

Prenant sa retraite, il devint, à Sanary, l’un des membres fondateurs de l’association du Musée Frédéric Dumas, et son Vice Président d’Honneur. Il offrira au dit Musée, toute sa collection d’anciens matériels de plongée, dont certaines pièces chargées d’histoire. JOJO, nous a quittés en 2000 ; il a rejoint là-haut, ses amis Cousteau, Dumas et bien d’autres pionniers, avec qui il doit évoquer ses premières plongées au Rouveau et à la Clapassude.

Jojo, à gauche avec son mérou

Paul DUBOIS, l’Homme au Masque… SQUALE

Paul DUBOIS, l’Homme au Masque… SQUALE
(par Gérard LORIDON)

Paul DUBOIS, que rien ne prédestinait à devenir un inventeur original et prestigieux, naît à Paris le 16 juin 1899, et j’ai pourtant l’impression qu’il est toujours parmi nous, sur le port de Sanary.

Tout d’abord, chef comptable aux halles de Baltar, il devient dans les années 30 représentant aux Chocolats SUCHARD. Il s’y serait distingué en inventant déjà, un certain modèle de tablette de ce délicieux produit. Il y rencontre son épouse Jeanine, qui va tenir une grande place dans ses aventures. Ils convolent tous deux, en justes noces le 9 novembre 1934.

Ils auraient pu être ainsi heureux, dans ce monde de distribution d’un produit exotique célèbre… Encore que Paul, dont le dynamisme n’était pas le moindre de ses défauts, pensait déjà à d’autres horizons plus cléments. D’après sa femme Jeanine, il était un bon vendeur et pensait à obtenir auprès de sa direction la représentation sur la Côte d’Azur.

C’est la guerre en 1939 qui va précipiter son avenir.

Militaire en 1940, dans un COAA (Centre d’organisation des archives de l’Armée ?) à Melun, il obtient la mission d’aller mettre à l’abri des dossiers importants à Marseille. On lui fournit une camionnette, des bons d’essence et il embarque trois militaires, un journaliste, un imprimeur et… son épouse, la charmante Jeanine. Il pressent que le retour sera difficile et sans doute impossible. Et surtout il se rapproche de la Méditerranée…. Il se fait démobiliser sur place et s’installe à Sanary (Var) dans une villa louée au chef de gare, rue Lazare Fournier, dite « villa Sam”Suffit » (elle existe toujours).

Mais que faire en 1940, période de défaite où commencent les restrictions.

Dans l’esprit de Paul Dubois et ainsi qu’il le confiait à sa femme, il fallait toujours être prêt à fournir ce dont on manquait et dont on avait le plus besoin.
Alors, il invente un savon après avoir lu quelques livres et consulté un ami chimiste.

Il investit toutes les économies du ménage dans l’achat d’une tonne de terre à foulon, venant du Maroc.

Il en fera un produit de toilette en sachet baptisé « Poudre SAVAR », que sa femme vendra sur les marchés où elle se rend en charrette à cheval. Perfectionnant son produit, il en fera des savonnettes appelées « Savonnettes SAVOR ».

Nous sommes loin de la plongée, nous allons y arriver.

Pendant la guerre, Frédéric Dumas, le célèbre pionnier du monde sous-marin, compagnon de Cousteau et Tailliez, qu’il vient de rencontrer, se livre aux joies de la pêche sous-marine, dans un but alimentaire, en ces périodes de disette.
Jeanine DUBOIS, qui se rend souvent à la plage, remarque ce beau plongeur et en parle à son mari.

Toujours dans l’idée de fournir des produits nouveaux, Paul Dubois, rencontre Frédéric Dumas et se fait montrer son matériel. Parmi les différentes pièces de celui-ci, il remarque son masque.

Il s’agit d’un masque englobant le nez et les yeux, très semblable à ceux qui sont utilisés actuellement. Frédéric DUMAS, très habile de ses mains l’a construit lui-même dans une chambre à air de camion, et il y a fixé une vitre ronde et un cerclage, toujours de sa fabrication. Ce masque est visible au Musée de la Plongée à Sanary, musée dédié à Frédéric DUMAS.

Paul DUBOIS va créer et mettre au point un célèbre masque de plongée, qu’il baptisera Masque SQUALE et dont il déposera le Brevet, à l’Office Blétry, à Paris le 19 décembre 1944, à 14 H 05 Mn. (voir dudit brevet).

Paul va lancer la fabrication de ce masque, dans un atelier à côté de sa villa, dans le quartier de la gare de Sanary. Il en produira plusieurs modèles qu’il va améliorer (voir photos jointes) pour en arriver au type actuel.

Devenant une sommité dans ce domaine, il exposera son matériel, au Salon Nautique où l’on peut le voir à côté d’un ministre.

Il ne va pas s’arrêter au masque Squale, il va aussi mettre au point et fabriquer des fusils sous-marins, des palmes, des lunettes, des tubas avec la boule de Ping-pong.

Pour diffuser et fabriquer ses différents produits Paul Dubois va créer le 12 Janvier 1950, la Sarl. « SEESSA » dont le but est surtout «la vente et la fabrication d’articles pour l’exploration sous-marine et pour tous les sports aquatiques… »

Il est l’ami de Cousteau, DUMAS, Tailliez.

Le commandant COUSTEAU cite dans le « Monde du Silence » éditions de 1954, page 39 : « Pendant l’été, l’ami DUBOIS va de plage en plage, avec sa camionnette, donnant, aux premiers venus des leçons de plongée en scaphandre autonome… »

Effectivement, l’esprit fertile de Paul va continuer à produire des Inventions, et quelles inventions.

Il commence en tentant de perfectionner le masque SQUALE, qui n’en a pas besoin et essaye de mettre au point un masque à vitre courbe, qui nous faisait loucher et produisait des hauts le cœur, digne du meilleur mal de mer sous-marin. Il nous fit essayer ensuite un masque en glace orée, qui nous faisait voir la vie en rose et qui était hors de prix. Vinrent les palmes, dont le plus bel exemple fut les Supermarines, d’une finition parfaite, elles étaient parmi les premières à avoir la gauche et la droite.

Il avait aussi produit, dans ses débuts un masque « Cygne » baptisé ainsi, parce que comportant un tuba gracieux qui… catastrophe… était branché sur le masque (photo jointe). Même avec la classique balle de Ping-pong, vous étiez sûr d’avoir les yeux arrachés passés 2 mètres. Il en dépose le brevet le 12 mars 1962, toujours à l’office Blétry, sous le titre « perfectionnement aux masques respiratoires périscopiques »

Il mettra au point des fusils sous-marins, les modèles Flash, à crosse en Inox et fut en bois. Précurseur de la parité féminine, on y trouvera des modèles « Miss Flash et Lady Flash »

Il sera aussi le premier à produire des cartes postales sous-marines aux éditions Aris à Sanary. Les vues sous-marines, très belles, même encore actuellement, avaient été réalisées par Robert DIOT, un autre pionnier, dans la photographie.
Il va quitter son atelier et faire construire un immeuble qu’il appellera l’immeuble SQUALE, où il va installer ses ateliers et ses bureaux, car la production de ses produits augmente de belle manière. Le masque Squale équipe la planète entière, la Marine Nationale. Nous conserverons longtemps le souvenir de l’anecdote suivante. Paul DUBOIS était un personnage haut en couleur et lorsqu’il recevait un chèque important des USA, fruit de ses ventes, on pouvait le rencontrer, le soir sur le port de Sanary dans les bars, où il entrait en brandissant le chèque en dollars et criant, de sa voix de ténor :
– « Tournée générale pour tout le monde »

Paul avait une âme généreuse, il m’a souvent croisé, dans les premières années 60, époque où, avec deux autres plongeurs, nous venions d’installer une entreprise de travaux s / m. Nos clients étaient rares, et il nous arrivait d’être quelquefois dans une situation affamée. Alors Paul, qui s’en rendait compte, sans que l’on le lui dise, nous glissait un billet de 100 Fr avec lequel nous nous précipitions chez Mimile à La Chaumière pour commander une bassine de spaghettis.

Il a fait mieux, ou pire pour la suite de ses affaires :
Quatre solides gaillards avaient quitté St-Malo en Juillet 1954, pour faire le tour du monde de la pêche sous-marine, à bord d’un voilier de dix mètres le « MOANA »
Passons sur les aventures de ces personnages picaresques qui se terminèrent trois années plus tard lors leur retour à St. Tropez. Ils produisirent un film et écrivirent un livre de deux tomes. Qu’allait devenir le Moana ? Qu’ils n’avaient plus les moyens d’entretenir, leurs aventures ne les ayant pas transformés en millionnaire.
Paul DUBOIS rachète le Moana et le fait venir, sur une remorque, à Sanary, en liesse au cours d’une fête qu’il organise. Il sauve ainsi ce bateau mythique, qui se trouve actuellement, en très bon état dans un port de la Côte d’Azur.

Mais, cruellement, le monde des affaires évoluant, il n’y avait plus la place, pour Paul qui voulait faire partager sa joie de vivre et sa réussite, car a trop partagé…
Le Masque SQUALE a continué à vivre, il est toujours en fabrication.

Paul DUBOIS lui s’est éteint le 19 Mars 1971. Il repose au cimetière de Sanary, où l’on peut voir, sur sa tombe, sa photo aux côtés de son chien.

Félix Pijeaud

(Charles) Félix Pijeaud est né le 12 décembre 1904 à Sanary-sur-Mer dans le Var. Son père, artiste-peintre, est tué au combat en septembre 1914.

Après des études secondaires à Toulon et à Nice, il entre à Saint-Cyr en 1924 (promotion du Rif) et en sort en choisissant l’Aviation.

Sous-lieutenant, il suit les cours de l’école spéciale d’aéronautique à Versailles et est breveté pilote en janvier 1928.

Promu lieutenant en juin 1928 il est affecté sur sa demande à Oran (Algérie) jusqu’en 1935 à la 2e escadrille du 2e Groupe d’aviation de la Sénia.

Il participe aux opérations militaires dans le Sud oranais (1931-1932), reçoit deux citations avant d’être promu capitaine en mars 1933.

Après une affectation de deux ans à Reims (mars 1935- septembre 1937), il entre à l’Ecole de guerre de l’Air. Breveté d’Etat-major, le commandant Pijeaud est affecté à Alger de fin août à décembre 1939.

Appelé à l’Etat-major de l’Aviation pendant la campagne de France alors qu’il brûle de servir dans une unité combattante, il se replie avec l’Etat-major à Bordeaux. Après l’armistice, refusant l’idée de la défaite, il décide de rallier à Londres le général de Gaulle. Le 25 juin 1940, il gagne Port-Vendres puis, après un passage à Gibraltar, rejoint l’Angleterre où il est nommé chef d’Etat-major des Forces aériennes françaises libres (FAFL).

Promu lieutenant-colonel, Félix Pijeaud quitte l’Angleterre fin août 1940 pour l’opération de Dakar, puis Brazzaville et le Tchad. Il est légèrement blessé en novembre 1940 dans un accident d’avion et regagne Londres début 1941 après une traversée de plus de trois mois.

Toujours chef d’Etat-major des FAFL, il travaille sous les ordres du colonel Valin à la création du Groupe de chasse Ile-de-France.

A l’automne 1941, il est affecté à sa demande au Groupe réservé de Bombardement n°1 (GRB 1), bientôt appelé Groupe de bombardement “Lorraine”, qui se trouve alors en opérations en Libye. Le 17 décembre 1941 le “Lorraine” passe sous son commandement.

Le 20 décembre, le “Lorraine”, avec à sa tête le lieutenant-colonel Pijeaud, et trois autres squadrons britanniques effectuent une mission de bombardement sur les colonnes allemandes aux environs de Benghazi. Attaquée par de nombreux Messerschmitt 109, la formation est plus ou moins disloquée et l’appareil du lieutenant-colonel Pijeaud prend feu. Il donne alors l’ordre à son équipage de sauter, ce que fait son observateur, Gaston Guigonis, qui parviendra cinq jours plus tard à regagner à pied les lignes alliées. Le mitrailleur, le sergent Delcros, ne donne pas signe de vie et Charles Pijeaud saute à son tour en parachute.

Grièvement brûlé au visage et aux mains, souffrant atrocement, il tombe, à son arrivée au sol, entre les mains d’une patrouille italienne. Hospitalisé à Derna, alors que les Italiens se préparent à fuir, il s’évade bien qu’aveugle et se cache pendant plusieurs heures jusqu’à ce qu’il s’aperçoive du départ des Italiens et regagne l’hôpital où il attend seul pendant quatre jours l’arrivée des Britanniques.

Évacué sur Alexandrie, le lieutenant-colonel Pijeaud, malgré les soins qu’on lui prodigue, meurt le 6 janvier 1942 des suites de ses blessures. Il a été inhumé au cimetière militaire français d’Alexandrie.

J’aurais fait de Pijeaud le Leclerc de l’armée de l’Air.  Charles de Gaulle

Son épouse Colette, restée en France, résistante-déportée, est morte le 13 décembre 1943 au camp de concentration de Ravensbrück.

Décorations de Félix Pijeaud

Chevalier de la Légion d’Honneur
Compagnon de la Libération – décret du 26 mars 1942
Croix de Guerre 39/45 avec palme
Croix de Guerre des TOE (2 citations)
Médaille de la Résistance
Médaille Coloniale avec agrafes “Sahara”, “Maroc”
Croix du Combattant
Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
Mention in Dispatch (GB)
Officier du Nichan Iftikhar

source : http://www.ordredelaliberation.fr

Article du 9 janvier 1942 – Journal Le France

Albert Cavet

Une place de Sanary qui est située devant la propriété familiale porte son nom.

Qui était Albert Cavet ?

Albert Cavet est né le 14 septembre 1918 à Sanary (Var) et il fut tué au combat le 1er avril 1945.

Engagé au titre de l’Ecole de l’Air de Salon de Provence en septembre 1938 (Promotion Lieutenant Colonel Mailloux), Albert Cavet est breveté observateur en juillet de la même année., nommé Sous Lieutenant en mars 1939 et breveté pilote en décembre 1939. Le 15 mai 1940, il est affecté au Groupe de Reconnaissance I/33, puis au Groupe de Bombardement I/51 à Lézignan, le 1 décembre 1940. Promu Lieutenant en septembre 1941, il est mis en congé d’armistice sur sa demande, le 31 mars 1942.

Il passe la frontière Espagnole le 20 août 1942, est arrêté 9 jours plus tard, interné à Miranda jusqu’au 14 juillet 1943, il rejoint Gibraltar le lendemain, arrive à Londres et s’engage dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL) le 9 août 1943 (la date d’effet sera modifiée et ramenée au 30 août 1942). Après un passage à Camberley, il commence son entraînement de pilote dans les écoles de la RAF, à l’Advanced Flying Unit en février 1944, puis à l’OTU 53 le 4 avril 1944 avant d’être mis en attente au Group Support Unit 84 le 10 juin 1944.

Il rejoint sa première affectation opérationnelle le 18 juillet 1944, au Groupe de Chasse “Berry” / Squadron 345 avant d’être transféré au Groupe de Chasse 2 “Ile-de-France” / Sq 340, le 1 mars 1945. Un mois plus tard, le 1 avril 1945, alors qu’il attaque un train près de Deventer aux Pays Bas, il est perdu de vue par son équipier qui l’appelle à la radio sans obtenir de réponse. Probablement touché par la Flak, le Spitfire XVI (TB496) du Lieutenant Cavet vient de s’écraser au sol.

Décorations obtenues par Albert Cavet :

• Chevalier de la Légion d’Honneur
• Croix de Guerre 1939-45 avec 1 Etoile d’Argent
• Médaille des Évadés

source : http://www.cieldegloire.com/

Photos anciennes de Sanary-sur-Mer

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L’agent secret Hans-Günther von Dincklage en France

La séduction comme couverture

L’agent secret Hans-Günther von Dincklage en France

Laurence Pellegrini Thomas

Docteur en études germaniques

L’espion allemand Hans-Günther von Dincklage a été rendu célèbre par sa relation avec Coco Chanel (1883-1971), surtout avec la parution de Sleeping with the enemy du journaliste américain Hal Vaughan en août 2011. Les médias se sont concentrés sur cette aventure teintée de romanesque, occultant son personnage le plus énigmatique : le baron von Dincklage.

Issu de l’aristocratie militaire prussienne (son grand-père a été anobli en 1871) et conservatrice, inscrite dans la mouvance völkisch, le lieutenant Hans-Günther von Dincklage a servi durant la Première Guerre mondiale. Maîtrisant parfaitement le français et l’anglais, ce blond aux yeux bleus, distingué et cultivé, juriste de formation, a rapidement été recruté par les services de renseignements allemands, lors de la proclamation de la République de Weimar. Grâce à son « charme qui agissait naturellement sur les hommes comme sur les femmes » (Sybille Bedford), l’agent secret est facilement parvenu à s’implanter en France et y agir au service du Troisième Reich.

Nebeck, dite Catsy. Mariage d’amour ou couverture ? Tous deux forment en somme un couple d’espions qui s’installe à Sanary-sur-Mer, station balnéaire du Sud de la France. Ils doivent la découverte de ce lieu discret à la demi-sœur de Maximiliane, Sybille Bedford. En effet, en 1924, suite à l’accession au pouvoir de Benito Mussolini, la mère de cette dernière, Elisabeth Marchesani, fuit l’Italie pour s’installer dans le Var. Quand les Dincklage rejoignent Sybille Bedford à Sanary dans les années 1930, la couverture est parfaite. Maximiliane étant juive, le couple se présente comme des victimes du régime national-socialiste. Pour ne pas compromettre ses réelles activités, Hans-Günther n’a en outre jamais adhéré au parti nazi (NSDAP) et s’est retiré de la vie militaire.

Dans les registres de Sanary-sur-Mer, Hans-Günther et Maximiliane sont officiellement « sans profession ».

Pour le compte de Joseph Goebbels, ministre du Reich à l’Education du peuple et à la Propagande, le couple Dincklage espionne pourtant les intellectuels allemands en exil qui tentent d’organiser la résistance intellectuelle. Sans doute n’est-il pas étranger à l’échec de la revue clandestine Die Sammlung, qui cessa d’exister après seulement deux ans d’existence. La majorité de ses auteurs, dont Klaus et Golo Mann, René Schickele, Stefan Zweig, Bertolt Brecht, Bruno Frank ou encore Alfred Kantorowicz, ont séjourné à Sanary. Certains de ces exilés comme Lion et Martha Feucht- wanger, la baronne de Bodenhausen, l’« étudiant » Willi Ulmer ou Hans Clausmeyer « se disant commerçant » étaient soupçonnés par les services de renseignements français d’être les complices de Dincklage.

Sanary est aussi un emplacement stratégique pour surveiller le port militaire de Toulon, situé à quelques kilomètres. Installé dans la villa « La petite casa », Dincklage avait comme voisins Charles Cotton, ancien officier de marine, et Pierre Mimerel, ancien entrepreneur de transports, recrutés par l’intermédiaire de Catsy. Un autre agent de Dincklage, l’Allemande Lucie Braun, séjourna également à Sanary. Ce réseau séduisait et finançait des informateurs de l’intérieur, parmi lesquels comptait vraisemblablement l’enseigne de vaisseau Marc Aubert, fusillé à Toulon en 1939 pour intelligence avec l’ennemi.

Un attaché très spécial

En 1933, les ministères de la Propagande et des Affaires étrangères allemands décident d’infiltrer un espion à Paris. Aussi Hans-Günther von Dincklage, « homme de confiance du chancelier Hitler », fut-il nommé – directement par Berlin – d’abord attaché de presse à l’ambassade d’Allemagne, rue Huysmans, dans l’ancienne demeure du prince Eugène de Beauharnais, puis « attaché spécial », suite aux rumeurs persistantes sur l’arrivée d’un envoyé du Reich à Paris.

Sous les ordres de Goebbels, Dincklage devait garantir la propagande noire du Reich sur le sol français et créer un service de sûreté pour contrôler l’opposition. Pour assurer cette mission, les relais de Dincklage, qui apparaissaient dans le langage codé de ses correspondances comme des auxiliaires (Hilfskraft), étaient rémunérés grâce à des fonds très élevés – de l’ordre de 25 millions de francs – alloués aux « tâches administratives ». Pour correspondre avec le ministère, Dincklage disposait en outre de lignes téléphoniques directes, de télégraphes ou encore de « machines de chiffrement », la fameuse Enigma.

A la fin de la guerre, nombre de dossiers sensi- bles ont été détruits par les nazis. Mais les archives politiques du ministère des Affaires étrangères allemand disposent encore de documents qui éclairent sur les méthodes de Dincklage. Il apporta par exemple un soutien financier et logistique aux sympathisants du régime – membres du NSDAP, Union des étudiants nationaux-socialistes, le mouvement patriotique Turnverein, le syndicat des commerçants ou celui des employés (Deutschnationaler Handlungsgehilfenverein) et des journalistes allemands, ou encore les organisations religieuses – pour qu’ils s’implantent en France. Dincklage dirigea également la diffusion de la propagande et l’infiltration d’ingénieurs allemands au sein des usines françaises. On peut aussi noter le financement de la presse nationaliste et antisémite française par Berlin, comme le quotidien Le Jour, fondé en 1933 par Léon Bailby. Enfin, Dincklage infiltra des étudiants et des professeurs à la Sorbonne pour s’informer et y orienter l’enseignement germaniste.

A la fin de l’année 1934, Dincklage doit quitter l’ambassade pour Londres – l’hôtel Mayfair Court où séjournent Joachim von Ribbentrop et un autre agent, Stephanie von Hohenlohe, chargée de la propagande en Angleterre. En effet, non seulement les douanes françaises, chargées de mener des « fouilles discrètes de tout sujet allemand déclarant se rendre à Sanary», retiennent son véhicule, mais surtout la presse parisienne, et en particulier Vendémiaire, dénoncent en détail ses activités d’espion. D’abord, il est soupçonné, dans un article intitulé Les dessous de l’attentat de Marseille, d’avoir participé à l’assassinat du roi Alexandre Ier, venu soutenir la France contre l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste – et du ministre français des Affaires étrangères, Louis Barthou. Ensuite, on révéla la « propagande incessante et sans scrupule », l’« entreprise de pangermanisme hitlérien » destinée à « préparer la guerre qui, un jour, grâce à l’aveuglement de ses victimes, devrait assurer au Reich un triomphe complet ». Avec l’article Gestapo über alles, la couverture de diplomate de l’agent Dincklage fut définitivement terminée.

L’opération chapeau de couture

Suite à cette série d’article, Dincklage écrit à son ambassade : « Je suis en train de me créer une nouvelle existence ». A cette époque, avec la promulgation des lois de Nuremberg, il divorce en effet de Catsy, avec qui il gardera néanmoins un contact ininterrompu. Mais cela signifiait surtout qu’il avait une nouvelle mission, en Afrique du Nord cette fois-ci, pour laquelle il recruta la baronne Hélène Dessoffy. A chaque nouvelle mission, Dincklage s’affichait avec une nouvelle maîtresse de la haute société, qui était très vraisemblablement un pourvoyeur de fonds et une couverture.

De retour à Paris pendant l’Occupation, Dincklage se lie avec Gabrielle Chasnel, qui devient sous sa coupe l’agent Wesminster. Pour Axel Madsen, ils s’étaient rencontrés avant la guerre, alors que Dincklage devait assurer le contrôle de l’industrie textile française. Hal Vaughan a démontré que Dincklage a en retour permis à Coco Chanel de jouir d’un statut privilégié durant l’Occupation, en conservant notamment sa chambre au Ritz, alors que les civils en étaient évacués pour laisser place au quartier général de la Luftwaffe. Cette relation a surtout abouti à l’opération Chapeau de couture, durant laquelle Coco

Chanel devait négocier un accord de paix séparé entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne avec son ami Winston Churchill. Sur les motivations de sa collaboration avec le NSDAP, le mystère demeure : était-elle réellement « antisémite et pro- nazie », comme on peut le lire dans la presse, affirmation réfutée vigoureusement par la maison Chanel ? Ou a-t-elle voulu sauver son neveu André Palasse, fait prisonnier pendant l’Occupation, comme le soutient Gabrielle Palasse-Labrunie, petite-nièce de Coco Chanel dans le livre d’Isabelle Fiemeyer paru en 2011 ? Etait-elle enfin une « belle femme sans scrupules », selon les termes du metteur en scène Luchino Visconti, prête à tout pour sauver son empire ? Rappelons un courrier envoyé par Coco Chanel à Georges Madoux, ad- ministrateur provisoire nommé par Vichy : « Je me porte acquéreur de la totalité des actions Parfums Chanel qui sont encore la propriété de juifs et que vous avez pour mission de céder ou faire céder à des sujets aryens ».

Après la guerre, Coco Chanel s’installe en Suisse, rejointe à la fin des années 1940 par Dinck- lage („Spatz“), avec qui elle séjourne au Lausanne Palace, au Beau-Rivage-Palace au bord du lac Léman et dans la station de ski suisse de Zermatt. Les archives suisses montrent que Dincklage s’était déjà rendu à Bâle, au début de la Seconde Guerre mondiale et qu’il y possédait un compte à la HSBC. Sans doute préparait-il déjà son exil. Jusqu’à la fin de sa vie, le charme de Spatz aura opéré. En effet, selon Pierre Galante, il a fini par quitter Coco Chanel pour aller s’installer à Majorque, dans une demeure offerte par son ancienne maîtresse. Décédé en 1974, Hans-Günther von Dincklage n’a jamais été inquiété par la justice.