Archive pour Revue de presse ancienne

Le projet de vente de Tamaris et des Sablettes par Michel Pacha, maire de Sanary

C’est par un article bienveillant du 4 décembre 1893 du quotidien L’Événement qu’on apprend que le maire de Saint-Nazaire1, Michel Pacha, souhaite vendre Tamaris et les Sablettes2. C’est une société anglaise qui est en négociation pour acquérir les deux stations balnéaires. Le journaliste précise « que depuis la mort de sa femme, Michel Pacha, directeur des phares de l’empire Ottoman, caressait l’idée de quitter la France, de se retirer loin d’un pays où tout lui rappelait d’irréparables malheurs : la perte d’un enfant et d’une compagne chéris ».

Des protestations arrivent de toute la France contre cette acquisition par les anglais. Le conseil municipal de Toulon adopte à l’unanimité un vœu le 6 décembre 1893 à l’attention du gouvernement en ces termes : « le danger que pourrait présenter pour la défense de la place et pour les intérêts nationaux, l’achat de Tamaris et de ses dépendances par une société anglaise en cas de guerre avec la Grande-Bretagne ». 

Le Progrès de la Côte d’Or le 8 décembre 1893

Le maire de Toulon, M. Sambuc, évoque le « danger pour le port militaire de Toulon de ce voisinage anglais »3.

La presse toulonnaise se révolte : « les anglais ne peuvent se résigner à la perte de Toulon. Il y a cent ans que le coup d’œil de l’officier d’artillerie Bonaparte les forçait d’évacuer notre grand port méditerranéen. […] Les Anglais doivent se résigner à la perte de Toulon,1893 ne leur rendra pas ce que 1793 leur a enlevé »4.

Le 8 décembre 1893, le quotidien Le Journal, publie un article intitulé « Tamaris aux Anglais ». Le journaliste affirme que la vente est réalisée pour la somme de « 10 millions, payables moitié comptant au moment de la cession aux anglais et le restant à terme ». Il est mentionné que Michel Pacha avait été questionné par l’officier anglais, le colonel Hill, pour savoir s’il était vendeur de la station de « Tamaris-sur-Sablettes ». Michel Pacha avait répondu en plaisantant : « oui si on m’en donne 10 millions ». L’anglais le pris au mot et fit une offre de 10 millions que « Michel Pacha accepta définitivement ». L’article se termine sur ces mots : « on est surpris que les Anglais achètent sans discuter le prix offert par leur intermédiaire le colonel Hill ».

Le 9 décembre 1893, le quotidien L’Événement annonce à ses lecteurs que « l’affaire n’est pas complètement terminée. Un compromis seulement a été signé ».

Le 11 décembre 1893, le député François Césaire de Mahy, dépose afin de contrer cette vente par Michel Pacha, une proposition de loi à l’Assemblée Nationale signée par 100 députés « en vue d’interdire la vente aux étrangers de tous terrains situés dans le rayon de défense des places de guerre et ports militaires ».

Le quotidien local, le Petit Varois, soutient dans ses éditions la vente par Michel Pacha de Tamaris.

Le Petit Var 12 décembre 1893

Michel Pacha ne modifie par son agenda de maire en dépit du tumulte médiatique, et il assiste le dimanche 17 décembre 1893 à l’inauguration de l’orgue qu’il a offert à l’Église de Saint-Nazaire et qui fut commandé à son ami Camille Saint-Saëns.

Le Figaro publie le 26 décembre 1893 un article plutôt bien argumenté contre cette vente aux anglais : « L’affaire de Tamaris ». Le journaliste précise que l’espionnage de la flotte militaire, des installations militaires, du chantier naval de la Seyne sera rendu plus facile de la mer et de la terre. Des touristes équipés d’appareils photos, à bord de yachts, ou à vélos auront tout loisir de se promener pour noter « nos voies de communication stratégiques ; nos batteries de côte et nos forts ».

Le quotidien La Libre Parole publie un article le 8 juin 1894 intitulé le « Nabab des Tamaris ». Michel Pacha est accusé « de livrer Toulon à nos ennemis éventuels ».

Michel Pacha renonça, lors de l’été 1894, à son projet de vente sous la pression du gouvernement, des parlementaires et des officiers de la Marine.

Olivier Thomas – avril 2020

1 Sanary

2 Stations balnéaires construites par Michel Pacha à la Seyne-sur-Mer

3 Quotidien Le Matin du 7 décembre 1893

4 Quotidien Le Gaulois du 9 décembre 1893

18 août 1933 : coup de chaud à Sanary

Le café dont il est question était celui de la Marine.

Revue de presse nationale

Publicités dans les quotidiens des années 1930

Article du Petit Parisien du 27 août 1893

Découverte d’un cimetière romain à Portissol en 1882

Extraits du quotidien Le Petit Var :

Saint-Nazaire

un cimetière romain

11 janvier 1882

Les pluies dernières et la grosse mer, qui ont fait ébranler une partie des terres argileuses qui se trouvent à la pointe de Port-Issol, à cinq minutes du village de Saint-Nazaire, ont mis à découvert des sépultures antiques ; ce sont des tombeaux primitifs de l’époque romaine, composés de deux larges briques faîtières recouvrant des restes humains.

Ces briques mesurent environ 40 centimètres de large sur 60 ou 65 centimètres de long, avec un rebord en saillie, et sont presque intactes ; mais les ossements qu’elles protégeaient sont tellement calcinés par le temps, qu’ils tombent en poussière au moindre contact.

Ces tombaux sont absolument semblables à ceux qu’on a déjà découvert à différentes époques sur ce point du littoral et qui contenaient des monnaies de bronze. Du reste, les fondements d’un quai, qui paraissent encore sous l’eau, la quantité considérable de fragments de poterie et les médailles d’Adrien, de Vespasien et d’autres du bas-empire qu’on y trouve très fréquemment, prouvent d’une manière incontestable l’occupation de ce lien par les Romains.

Si les fouilles que l’on se propose de faire cet endroit, donnent quelques résultats intéressants pour l’archéologie, nous tiendrons nos lecteurs au courant des nouvelles découvertes.

Saint-Nazaire

Les antiquités de Port-Issol

16 janvier 1882

nous avons dit, dans un précédent numéro, que d’importantes découvertes de sépultures romaines avaient été faites aux environs de Saint-Nazaire. Les fouilles continuent et donnent d’heureux résultats. jeudi dernier, 12 janvier, dans al matinée, deux personnes de notre localité, M Moutton, instituteur adjoint, et M Guichard, se sont rendus au bord de mer, dans la baie de Port-Issol située à un kilomètre du village.

Munis des outils nécessaires, ils ont pratiqué des fouilles dans un lieu escarpé que M Moutton avait remarqué la veille et qui lui paru recouvrir une tombe gallo-romaine. Ses prévisions n’ont pas été déçues et nos deux chercheurs ont pu, après deux heures de travail, constater la présence d’un vieux tombeau, et de plus de retirer le crane et les principaux os d’un squelette romain.

Ces dépouilles, apportées par eux à Saint-Nazaire, ont été visitées par un grand nombre de personnes.

Les briques romaines, plates et à rebords, qui formaient la sépulture, portaient à leur centre la marque de fabrique MAR ou MARI, la dernière lettre ne pouvait bien se distinguer.

Trois fragments de fer travaillé, dont deux semblent être les restes d’un poignard, ont été retirés aussi du tombeau gallo-romain.

La chair adhérait encore à tous les os. Elle se présentait sous la forme d’une mousse fibreuse, et avait de l’analogie avec le vieux feutre pourri.

Saint-Nazaire

Les tombeau gallo-romain de Port-Issol

19 janvier 1882

Dimanche matin, 15 janvier, plusieurs personnes munies des instruments nécessaires pour faire des fouilles, se rendaient encore à Port-Issol, où ont déjà eu lieu les découvertes que nous avons rapportées.

Après un examen attentif des lieux et quelques légers coups de pioche donnés de part et d’autre, on a pu constater la présence d’un grand nombre de tombeaux romains ; une vingtaine, au moins, apparaissent à fleur du sol, par une ou plusieurs parties ; deux seulement ont été fouillées.

De la première tombe, découverte et visitée jeudi dernier par MM. Moutton et Guichard, on a encore retiré deux larges briques tumulaires à rebord, portant intact le nom de fabrique MARI imprimé en creux au milieu de plusieurs cercles concentriques, et deux urnes lacrymatoires parfaitement conservées , mais dont les goulots ont été brisés en partie en les enlevant , malgré toutes les précautions prises. On sait que les vases de cette espèce contenaient les baumes dont on arrosait le corps du défunt. On a encore trouvé quelques débris de fer oxydé qui paraissent avoir appartenu à une arme, mais dans un tel état de vétusté qu’il est impossible de reconnaître si c’était un poignard, une épée ou tout autre instrument.

Du deuxième tombeau, distant d’environ 150 à 200 mètres du premier, on n’a retiré que des briques à rebords, toujours très grandes, et d’un modèle particulier. Elles portent des entailles qui permettent de les assembler par le haut, et qui les empêchent de tomber sur le corps qu’elles recouvrent. Les ossements que renfermait ce dernier tombeau étaient réduits en poussière blanchâtre. il n’y avait là point d’urne, ni de monnaie, ni aucun de ces objets qu’on trouver ordinairement dans les sépultures antiques. Cette tombe est environnée de toutes parts de sépultures semblables que le peu de temps, dont on disposait pour les fouilles, n’a pas permis de visiter ; c’était peut-être là une fosse commune, et voilà ce qui expliquerait l’absence de tous autres objets.

Dans tous les cas, le fait matériel, indiscutable, qui ressort de cette découverte, et que nous tenons à signaler, est celui-ci : il existe à Port-Issol un cimetière romain très important, qui mérite d’être visité par les savants et particulièrement par les archéologues. En y faisant des fouilles méthodiques et bien dirigées, on y trouvera, nous en sommes certains, une foule d’objets précieux pour la science et pour l’histoire de la localité.

Chacun peut voir les urnes lacrymatoires trouvées dans le tombeau gallo-romain de Port-Issol, elles sont exposées dans la vitrine de M Michel, papetier et graveur, rue d’Alger à Toulon

Accident ferroviaire du 5 février 1871

Témoignage du chirurgien BARTHÉLEMY :

Voilà que des bruits sinistres commencent à circuler; une détonation a été entendue au loin dans la direction de la Seyne, une colonne de fumée immense, éclatante, effroyable, est venue tout là-bas obscurcir l’horizon : il y a comme le pressentiment d’un désastre. Est-ce la pyrotechnie qui a brûlé, des magasins de poudre ont-ils pris feu, un vaisseau a-t-il sauté en mer? On ne sait; mais bientôt plus de doute, l’administration du chemin de fer fait appel à tous les médecins, la catastrophe est certaine, la rumeur publique la grossit encore, le train express vient de sauter !

Nous partîmes tous, maîtres, médecins, étudiants, et, après une course pleine d’émotions, nous arrivions sur des lieux à jamais sinistres. Quel spectacle, grand Dieu ! combien d’entre nous, messieurs, qui, refoulant avec peine l’expression du serrement de leurs cours, ne s’écrièrent alors au fond de leur pensée : Pauvre chère France ! des malheurs, toujours des malheurs ! encore du sang, encore de la poudre !

Il fallait secourir tant de blessés, il fallait relever les morts : 60 jonchaient le sol, plus de 100 blessés gémissaient sur la voie. Votre dévouement fut à la hauteur des besoins ; quelques heures plus tard, chacun avait reçu les premiers soins, et était dirigé sur les établissements hospitaliers ou recueilli dans des maisons généreusement offertes. Dans l’hôpital annexe, nous recevions nous-mêmes 28 de ces blessés ; et c’est l’histoire générale de leurs lésions, de la cause qui les a produites, que je veux aujourd’hui vous tracer, à grands traits.

Ex voto déposé à ND de Pitié

Voici des extraits du compte rendu de l’accident publié en 1887 dans le traité des chemins de fer. Accident de Sanary (P.-L.-M. — 5 février 1871). — Le 5 février 1871, le train omnibus 481 quittait Marseille à 7 h. 47 du matin pour se rendre à Toulon. Il était composé de vingt véhicules, dont onze destinés aux voyageurs et les neuf autres aux marchandises. Quatre de ces derniers renfermaient 25 000 kg. de poudre expédiés de Bordeaux à Toulon. En effet, les nécessités de la guerre avaient déterminé le Ministre des travaux publics à déroger aux prescriptions de l’article 21 de l’ordonnance du 15 novembre 1846 et à prendre, le 24 août 1870, une décision qui autorisait la Compagnie de la Méditerranée à transporter en grande vitesse, au cas d’urgence, les munitions de guerre par des trains contenant ou non des voyageurs.

Télégramme du Préfet Maritime de Toulon

Télégramme du Préfet Maritime de Toulon

Le train 481 venait à peine de quitter Bandol et de s’engager dans la tranchée de la Gorguette, lorsqu’une explosion terrible se produisit. Les quatre wagons de poudre avaient pris feu. Soixante personnes périrent sur le coup ; il y eut, en outre, plus de 80 blessés, dont 10 succombèrent par la suite.

On attribua l’accident à un défaut de chargement des barils de poudre à Bordeaux. On supposa que la poudre s’était échappée des barils et répandue sur le plancher des wagons et de là sur la voie ou elle se serait enflammée au contact des escarbilles, ou bien que, les barils étant à découvert, une étincelle de la machine avait pu les atteindre et provoquer l’explosion.

Un correspondant de presse fait parvenir cette dépêche à sa rédaction parisienne :

Le nombre des victimes s’élève à 104 : les rapports disent 68, mais il en meurt à chaque instant. Alexandre Poney, le frère du poète, est parmi les tués.

En dehors des pertes, les ravages matériels sont immenses ; des champs entiers d’oliviers ont été brisés et en grande partie arrachés; un certain nombre de maisons de campagne se sont effondrées ; on a trouvé des lambeaux de cadavres à une distance do 1,800 mètres, et des débris de rails, ainsi que des milliers de boulons ont été projetés comme des paquets de mitraille à plus de 500 mètres.

Voici le récit de la cérémonie des funérailles que fait le journal des funérailles des victimes de la catastrophe :

La cérémonie improvisée mardi dernier, à quatre heures du soir, par notre administration municipale, a été d’une solennité émouvante, et depuis l’hospice civil jusqu’au cimetière, le funèbre cortège a défilé au milieu d’une population recueillie et désolée.

Sur une simple invitation du maire, les établissements publics et tous les magasins ont été fermés, la ville était déserte, et on peut évaluer à plus de quarante mille âmes le nombre des assistants qui formaient la haie ou qui suivaient le cortège.

Seize chars funèbres, contenant les cercueils, étaient précédés par le clergé de toutes les paroisses, le personnel de la Charité et huit poêles tenus par les hauts fonctionnaires de l’administration du chemin de fer, de la garde nationale, de l’armée, du corps médical, des administrations civiles, des autorités civiles, maritimes et militaires, de la justice, de la commune de Saint-Nazaire et de la ville de Toulon.

Toutes les autorités, les fonctionnaires et les états-majors des armées de terre et de mer formaient la suite au milieu d’une double haie de gardes nationaux en uniforme et sans armes.

La cérémonie a été terminée à sept heures du soir, sans la moindre confusion et sans désordre; un seul sentiment régnait dans ces masses populaires, c’était celui du recueillement et de la douleur, en présence d’un aussi grand désastre.

Extrait du journal Officiel avec la liste des premières victimes :

Sur les soixante et un cercueils déposés au cimetière, trois seulement ont été inhumés le même soir; ce sont MM. Pelabon et Chahuet, capitaines de la garde mobile, et M. Lieutaud, agent des messageries du chemin de fer. Plusieurs autres victimes ont été emportées dans les diverses communes auxquelles elles appartenaient. Celles dont on n’avait pu constater l’identité, ont été déposées hier dans là fosse, et les trente-quatre qui n’ont pas encore été reconnues et réclamées, resteront exposées dans un amphithéâtre spécialement réservé à cette triste mission.

L’administration du chemin de fer nous communique l’état nominatif ci après des voyageurs qui ont succombé dans l’accident survenu entre les gares de Bandol et Ollioules-Saint-Nazaire, le 5 février 1871, et dont l’identité a été reconnue :

M. – Vigo, conducteur de train. M. Arnaud Simon, gendarme, escortant la poudre ; son corps n’a pu être retrouvée – Mma Grippeling Guillaume, de Montpellier. – M. Guichard (H.), de Saint-Henry. — M. Nègre (Jean), de Saint-Henry. — M. Chabuet, capitaine des mobiles du Var.- M. Pelabon, capitaine des mobiles du Var. – Mm. Harranger, femme d’un employé du contentieux de la Compagnie. —

Mme Pélissier (Marie-Anne), de la Ciotat. M. Niel père, de Saint – Tropez. — M. Niel fils, de Saint-Tropez. — M. Jaubert (Jean), brigadier des douanes à Bandol. — M. Nicaisse (Jules), médecin à Garéoult (Var). —

— M. Ollivier (Louis), de Roquevaire. — Mma Appolaniaire, d’Hyères. — Mœe Ruggieri (Carmel), épouse Arnaud, d’Italie—Mme Paclet (Marie), de Maçon. — Mme Paclet (Cécile), de Maçon. — Mme Laugier (Augustine), épouse Pascal, de Marseille.

— M. Brun (Alexandre), caporal au 4e régiment d’infanterie de marine. — Mm Rincol (Marie), de Montpellier. — M. Portanier (François), garibal- dien, de Cannes. — M. Roux (Auguste), de Pé-rigueux. — M. Bertain (Louis), de Mont-Istio(Italie). — M. Bellon (Auguste), marin à Toulon.

— M. Gand (François), de Marseille. — M. Noaro (J.-B.), italien. — M. Brontoux (Eugène), soldat au 89e de ligne (Quille de route). — M. Toussaint (Paul), à Bamatelot ndol. — M. Herbec (Gustave), soldat allant à Antibes (sauf-conduit). — M.

Samson, négociant à Marseille. — M. Masse (Antoine), menuisier à La Ciotat. – M. Vinasse (Ji-B.), italien (d’après son livret), — M. Bonin (ançois), zouave à Antibes. — M.

Poivre (Louis), au Creuzot. — M. Landy, soldat au 89e de ligne (feuille de route). — M. Millaud (Moïse), dit Massé, négociant à Gemenos. M. Laurent (Charles), soldat au 85e de ligne (feuille de route). – M. Artois (Hippolyte), soldat au 96e de ligne (sauf-conduit). – M. Berthea (Antoine), de San-Secondo (Italie). – M. Auguste, chauffeur à Saint-Tropez. – M. Hidalgo (Vin- cent), de Languese (Espagne). — Mme Giraud (Clémentine), épouse Toche, de La Cadière

Les suites juridiques

Des poursuites correctionnelles furent exercées contre le chef de gare de Bordeaux-Bastide, contre un gardien de batterie aux magasins généraux de Bordeaux et contre un sous-chef de gare de Marseille. Faute de preuves suffisantes, les inculpés furent relaxés par un arrêt de la Cour d’appel d’Aix, en date du 6 juillet 1871.

Communiqué de presse de la Cie PLM

Communiqué de presse de la Cie PLM

Une action civile fut d’ailleurs dirigée contre la Compagnie par les familles des victimes, devant les tribunaux de la Seine, de Lyon, de Villefranche, de Marseille, de Toulon et de Draguignan. La Compagnie appela l’État en garantie. Les préfets de la Seine, du Rhône, des Bouches-du-Rhône et du Var présentèrent le déclinatoire d’incompétence qui fut accueilli par tous les tribunaux, sauf celui de Lyon.

Le préfet du Rhône prit alors un arrêté de conflit qui fut confirmé par une décision du Tribunal des conflits, en date du 25 janvier 1873. Appelée à porter ainsi son action en garantie devant la juridiction administrative, la Compagnie obtint du Conseil d’État une décision du 17 décembre 1875, qui condamnait le Ministre de la guerre à lui rembourser les deux tiers du montant des indemnités mises à sa charge.

Félix Pijeaud

(Charles) Félix Pijeaud est né le 12 décembre 1904 à Sanary-sur-Mer dans le Var. Son père, artiste-peintre, est tué au combat en septembre 1914.

Après des études secondaires à Toulon et à Nice, il entre à Saint-Cyr en 1924 (promotion du Rif) et en sort en choisissant l’Aviation.

Sous-lieutenant, il suit les cours de l’école spéciale d’aéronautique à Versailles et est breveté pilote en janvier 1928.

Promu lieutenant en juin 1928 il est affecté sur sa demande à Oran (Algérie) jusqu’en 1935 à la 2e escadrille du 2e Groupe d’aviation de la Sénia.

Il participe aux opérations militaires dans le Sud oranais (1931-1932), reçoit deux citations avant d’être promu capitaine en mars 1933.

Après une affectation de deux ans à Reims (mars 1935- septembre 1937), il entre à l’Ecole de guerre de l’Air. Breveté d’Etat-major, le commandant Pijeaud est affecté à Alger de fin août à décembre 1939.

Appelé à l’Etat-major de l’Aviation pendant la campagne de France alors qu’il brûle de servir dans une unité combattante, il se replie avec l’Etat-major à Bordeaux. Après l’armistice, refusant l’idée de la défaite, il décide de rallier à Londres le général de Gaulle. Le 25 juin 1940, il gagne Port-Vendres puis, après un passage à Gibraltar, rejoint l’Angleterre où il est nommé chef d’Etat-major des Forces aériennes françaises libres (FAFL).

Promu lieutenant-colonel, Félix Pijeaud quitte l’Angleterre fin août 1940 pour l’opération de Dakar, puis Brazzaville et le Tchad. Il est légèrement blessé en novembre 1940 dans un accident d’avion et regagne Londres début 1941 après une traversée de plus de trois mois.

Toujours chef d’Etat-major des FAFL, il travaille sous les ordres du colonel Valin à la création du Groupe de chasse Ile-de-France.

A l’automne 1941, il est affecté à sa demande au Groupe réservé de Bombardement n°1 (GRB 1), bientôt appelé Groupe de bombardement “Lorraine”, qui se trouve alors en opérations en Libye. Le 17 décembre 1941 le “Lorraine” passe sous son commandement.

Le 20 décembre, le “Lorraine”, avec à sa tête le lieutenant-colonel Pijeaud, et trois autres squadrons britanniques effectuent une mission de bombardement sur les colonnes allemandes aux environs de Benghazi. Attaquée par de nombreux Messerschmitt 109, la formation est plus ou moins disloquée et l’appareil du lieutenant-colonel Pijeaud prend feu. Il donne alors l’ordre à son équipage de sauter, ce que fait son observateur, Gaston Guigonis, qui parviendra cinq jours plus tard à regagner à pied les lignes alliées. Le mitrailleur, le sergent Delcros, ne donne pas signe de vie et Charles Pijeaud saute à son tour en parachute.

Grièvement brûlé au visage et aux mains, souffrant atrocement, il tombe, à son arrivée au sol, entre les mains d’une patrouille italienne. Hospitalisé à Derna, alors que les Italiens se préparent à fuir, il s’évade bien qu’aveugle et se cache pendant plusieurs heures jusqu’à ce qu’il s’aperçoive du départ des Italiens et regagne l’hôpital où il attend seul pendant quatre jours l’arrivée des Britanniques.

Évacué sur Alexandrie, le lieutenant-colonel Pijeaud, malgré les soins qu’on lui prodigue, meurt le 6 janvier 1942 des suites de ses blessures. Il a été inhumé au cimetière militaire français d’Alexandrie.

J’aurais fait de Pijeaud le Leclerc de l’armée de l’Air.  Charles de Gaulle

Son épouse Colette, restée en France, résistante-déportée, est morte le 13 décembre 1943 au camp de concentration de Ravensbrück.

Décorations de Félix Pijeaud

Chevalier de la Légion d’Honneur
Compagnon de la Libération – décret du 26 mars 1942
Croix de Guerre 39/45 avec palme
Croix de Guerre des TOE (2 citations)
Médaille de la Résistance
Médaille Coloniale avec agrafes “Sahara”, “Maroc”
Croix du Combattant
Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
Mention in Dispatch (GB)
Officier du Nichan Iftikhar

source : http://www.ordredelaliberation.fr

Article du 9 janvier 1942 – Journal Le France