Félix Pijeaud

(Charles) Félix Pijeaud est né le 12 décembre 1904 à Sanary-sur-Mer dans le Var. Son père, artiste-peintre, est tué au combat en septembre 1914.

Après des études secondaires à Toulon et à Nice, il entre à Saint-Cyr en 1924 (promotion du Rif) et en sort en choisissant l’Aviation.

Sous-lieutenant, il suit les cours de l’école spéciale d’aéronautique à Versailles et est breveté pilote en janvier 1928.

Promu lieutenant en juin 1928 il est affecté sur sa demande à Oran (Algérie) jusqu’en 1935 à la 2e escadrille du 2e Groupe d’aviation de la Sénia.

Il participe aux opérations militaires dans le Sud oranais (1931-1932), reçoit deux citations avant d’être promu capitaine en mars 1933.

Après une affectation de deux ans à Reims (mars 1935- septembre 1937), il entre à l’Ecole de guerre de l’Air. Breveté d’Etat-major, le commandant Pijeaud est affecté à Alger de fin août à décembre 1939.

Appelé à l’Etat-major de l’Aviation pendant la campagne de France alors qu’il brûle de servir dans une unité combattante, il se replie avec l’Etat-major à Bordeaux. Après l’armistice, refusant l’idée de la défaite, il décide de rallier à Londres le général de Gaulle. Le 25 juin 1940, il gagne Port-Vendres puis, après un passage à Gibraltar, rejoint l’Angleterre où il est nommé chef d’Etat-major des Forces aériennes françaises libres (FAFL).

Promu lieutenant-colonel, Félix Pijeaud quitte l’Angleterre fin août 1940 pour l’opération de Dakar, puis Brazzaville et le Tchad. Il est légèrement blessé en novembre 1940 dans un accident d’avion et regagne Londres début 1941 après une traversée de plus de trois mois.

Toujours chef d’Etat-major des FAFL, il travaille sous les ordres du colonel Valin à la création du Groupe de chasse Ile-de-France.

A l’automne 1941, il est affecté à sa demande au Groupe réservé de Bombardement n°1 (GRB 1), bientôt appelé Groupe de bombardement “Lorraine”, qui se trouve alors en opérations en Libye. Le 17 décembre 1941 le “Lorraine” passe sous son commandement.

Le 20 décembre, le “Lorraine”, avec à sa tête le lieutenant-colonel Pijeaud, et trois autres squadrons britanniques effectuent une mission de bombardement sur les colonnes allemandes aux environs de Benghazi. Attaquée par de nombreux Messerschmitt 109, la formation est plus ou moins disloquée et l’appareil du lieutenant-colonel Pijeaud prend feu. Il donne alors l’ordre à son équipage de sauter, ce que fait son observateur, Gaston Guigonis, qui parviendra cinq jours plus tard à regagner à pied les lignes alliées. Le mitrailleur, le sergent Delcros, ne donne pas signe de vie et Charles Pijeaud saute à son tour en parachute.

Grièvement brûlé au visage et aux mains, souffrant atrocement, il tombe, à son arrivée au sol, entre les mains d’une patrouille italienne. Hospitalisé à Derna, alors que les Italiens se préparent à fuir, il s’évade bien qu’aveugle et se cache pendant plusieurs heures jusqu’à ce qu’il s’aperçoive du départ des Italiens et regagne l’hôpital où il attend seul pendant quatre jours l’arrivée des Britanniques.

Évacué sur Alexandrie, le lieutenant-colonel Pijeaud, malgré les soins qu’on lui prodigue, meurt le 6 janvier 1942 des suites de ses blessures. Il a été inhumé au cimetière militaire français d’Alexandrie.

J’aurais fait de Pijeaud le Leclerc de l’armée de l’Air.  Charles de Gaulle

Son épouse Colette, restée en France, résistante-déportée, est morte le 13 décembre 1943 au camp de concentration de Ravensbrück.

Décorations de Félix Pijeaud

Chevalier de la Légion d’Honneur
Compagnon de la Libération – décret du 26 mars 1942
Croix de Guerre 39/45 avec palme
Croix de Guerre des TOE (2 citations)
Médaille de la Résistance
Médaille Coloniale avec agrafes “Sahara”, “Maroc”
Croix du Combattant
Médaille des Services Volontaires dans la France Libre
Mention in Dispatch (GB)
Officier du Nichan Iftikhar

source : http://www.ordredelaliberation.fr

Article du 9 janvier 1942 – Journal Le France

Les commentaires sont fermés.